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Le colonel Thomas Edward LAWRENCE en tenue arabe traditionnelle.

Thomas Edward LAWRENCE, plus connu sous le surnom de Lawrence d'Arabie, orientaliste et agent politique britannique (1888-1935), fut sans nul doute l'un des rares occidentaux qui ait le mieux réussi à comprendre l’Arabie et les Arabes.

Archéologue passionné par le Proche-Orient, il conçut le projet d’un empire arabe unifié sous influence britannique.
Il réussit le tour de force consistant, pour un occidental, à inciter les Arabes à se révolter contre la domination turque et à se faire reconnaître par eux comme l'un de leurs chefs (1917-1918).
Sans Lawrence et l’appui britannique, la « bande à Saoud » n’aurait sans doute jamais pu prendre le pouvoir et l’Arabie serait demeurée sous le contrôle de la Turquie.

Thomas Edward LAWRENCE avait fait des études d’archéologie à Oxford et il avait participé à des campagnes de fouilles au Moyen-Orient entre 1909 et 1914. C’est là, au contact des Bédouins, qu’il avait appris l’Arabe et adopté leurs habitudes, notamment sur le plan vestimentaire. En parfait connaisseur de l’Arabie, il sera versé dans le service de cartographie de l’armée britannique d’Egypte car, à cause de sa petite taille, il n’est pas apte au service dans les armes traditionnelles. Il sera aussi – et surtout – intégré au sein des services secrets et chargé de favoriser la révolte des Arabes contre l’Empire ottoman. C’est lui qui parviendra à fédérer les tribus bédouines autour du chérif de la Mecque, Hussein, et son fils Faysal. Ensemble, ils organiseront une guérilla incessante contre les Turcs, une guérilla « à la bédouine », faite de razzias et de manœuvres de harcèlement. Nommé colonel, il est finalement incorporé, avec son régiment de Bédouins, dans l’armée du général Allenby. En 1917, ils s’emparent d’Aqaba, au nord-est de la mer Rouge. Lawrence sera fait prisonnier par les Turcs mais il ne sera pas reconnu et il parviendra à s’évader. Ayant repris le combat, il conduira ses hommes jusqu’à Damas.

L’émir Abdullah passes ses troupes en revue en présence de Lord Allenby (à l’avant-plan) et du colonel Lawrence (au fond)
L’émir Abdullah passes ses troupes en revue en présence de Lord Allenby (à l’avant-plan) et du colonel Lawrence (au fond).

Après la guerre, Lawrence soutiendra Hussein qui veut constituer un grand royaume islamique. En 1920, il estimera cependant qu’il a été trahi par le gouvernement britannique qui a abandonné la Syrie et le Liban à la France (en vertu du Traité de Sèvres). Cependant, en 1921, il aidera encore l’émir Faysal à devenir roi d’Iraq et son frère Abdullah à se faire reconnaître comme émir de Transjordanie. A partir de 1922, Lawrence se retire de la politique pour se consacrer à l’écriture de son livre, « Les Sept Piliers de la sagesse », où il se met en scène. Cet ouvrage ne sera toutefois dévoilé au public qu’en 1935.

Lawrence quitte officiellement son régiment le 26 février 1935. Il se sent « mis au rancart et usé ». Le 13 mai de la même année, il quitte son domicile à moto pour aller poster des lettres au village voisin de Bovington. Au retour, il crois une camionnette noire qui l’oblige à se rabattre brusquement. Il heurte alors la roue arrière de la bicyclette d’un jeune garçon et est éjecté de sa moto. Il meurt six jours plus tard. On a parfois évoqué la possibilité d’une « mort provoquée délibérément » mais rien n’a jamais pu être prouvé dans ce sens. Lawrence a sans doute été victime d’un banal accident.
C'est sur cette séquence de l'accident de moto que débute le film "Lawrence d'Arabie" avec Peter O'Toole (dans le rôle de Lawrence) et Anthony Quinn (dans le rôle d'un des principaux chefs bédouins). La musique de Maurice Jarre restitue parfaitement à la fois le lyrisme des paysages désertiques et la brutalité des razzias ecouter (extrait mp3 / 40 Ko) menées par les Arabes sous le commandement de Lawrence.

Dans son livre intitulé « Les Sept Piliers de la sagesse » (1921), Lawrence a longuement décrit les mœurs des Arabes, nomades Bédouins ou sédentaires des villes. On en trouvera quelques extraits représentatifs dans un numéro du magazine non conformiste français « Le Crapouillot » consacré au « défi arabe : vers la dictature du pétrolariat » – Mars-avril 1975).