Exégèse coranique des sourates

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Coran - Exégèse

1: Prologue


2: La vache

3: La famille d'Imran

4: Les femmes

5: La table servie

6: Les bestiaux

7: Al-A'raf

8: Le butin

9: Le repentir

10: Jonas

11: Houd

12: Joseph

13: Le tonnerre

14: Abraham

15: Al-Hijr

16: Les abeilles

17: Le voyage nocturne

18: La caverne

19: Marie

20: Tâ-Hâ

21: Les prophètes

22: Le pèlerinage

23: Les croyants

24: La lumière

25: Le discernement

26: Les poètes

27: Les fourmis

28: Le récit

29: L'araignée

30: Les romains

31: Louqman

32: La prosternation

33: Les coalisés

34: Saba

35: Le Créateur

36: Ya-Sin

37: Les rangées

38: Sad

39: Les groupes

40: Le Pardonneur

41: Les versets détaillés

42: La consultation

43: L'ornement

44: La fumée

45: L'agenouillée

46: Al-Ahqaf

47: Mouhammad

48: La victoire éclatante

49: Les appartements

50: Qaf

51: Qui éparpillent

52: At-Tour

53: L'étoile

54: La lune

55: Le Tout Miséricordieux

56: L'événement

57: Le fer

58: La discussion

59: L'exode

60: L'éprouvée

61: Le rang

62: Le vendredi

63: Les hypocrites

64: La grande perte

65: Le divorce

66: L'interdiction

67: La royauté

68: La plume

69: Celle qui montre la vérité

70: Les voies d'ascension

71: Noé

72: Les djinns

73: L'enveloppé

74: Le revêtu d'un manteau

75: La Résurrection

76: L'homme

77: Les envoyés

78: La nouvelle

79: Les anges qui arrachent les âmes

80: Il s'est renfrogné

81: L'obscurcissement

82: La rupture

83: Les fraudeurs

84: La déchirure

85: Les constellations

86: L'astre nocturne

87: Le Très-Haut

88: L'enveloppante

89: L'aube

90: La cité

91: Le soleil

92: La nuit

93: Le jour montant

94: L'ouverture

95: Le figuier

96: L'adhérence

97: La destinée

98: La preuve

99: La secousse

100: Les coursiers

101: Le fracas

102: La course aux richesses

103: Le temps

104: Les calomniateurs

105: L'éléphant

106: Les qouraychites

107: L'ustensile

108: L'abondance

109: Les infidèles

110: Les secours

111: Les fibres

112: Le monothéisme pur

113: L'aube naissante

114: Les hommes

 

Exégèse de la sourate 1: Le prologue


Les autres noms de cette sourate

Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit, à propos de cette sourate: "Elle est la Mère du Livre; elle est les Sept répétés; elle est le Coran sublime".

Selon Al-Boukhâri, elle est appelée la Mère du Coran, grâce à son écriture au début de la transcription du Coran et à sa récitation au début des prières.

Les mérites de cette sourate

Allâh (تعالى) a dit: {Nous t'avons certes donné "les sept versets que l'on répète", ainsi que le Coran sublime.} (15/87)

Abou Sa'îd Rafi' ibn Al-Mou'alla a rapporté que le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) lui a dit: "Ne t'enseignerais-je pas la plus sublime sourate du Coran avant que tu sortes de la mosquée" ?
Il me prit par la main et lorsque nous fûmes sur le point de sortir, je lui demandais : "Ô Messager d'Allah, tu m'as dit que tu m'enseignerais la plus sublime des sourates du Coran" ?
Il me répondit : "Louange à Allah. Seigneur de l'Univers [Sourate Al-Fatiha (L'ouverture)]. Cette sourate est (dénommée) les sept versets répétés et elle est la lecture sublime que j'ai reçue". (Al-Boukhâri)

Selon Abou Hourayra (رضي الله عنه), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Allâh a dit: "J'ai partagé la prière entre Moi et Mon serviteur en 2, et Mon serviteur aura ce qu'il demande". Quand il dit: {Louange à Allah, Seigneur de l'univers.}, Allâh le Très-Haut dit: "Mon serviteur M'a loué". Quand il dit: {Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux}, Allâh le Très-Haut dit: "Mon serviteur a évoqué Mon éloge". Quand il dit: {Maître du Jour de la rétribution.}, Allâh le Très-Haut dit: "Mon serviteur M'a glorifié et M'a confié une affaire". Quand il dit: {C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.}, Allâh le Très-Haut dit: "Ceci est entre Moi et Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu'il demande". Quand il dit: {Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés.}, Allâh le Très-Haut dit: "Cela est pour Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu'il demande"". (Mouslim, Mâlik, Abou 'Awâna)

Selon Ubay b. Ka'b, l'Envoyé (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Allah n'a pas fait descendre dans la Torah et dans l'Evangile d'équivalent à la Mère du Livre"

Abu Sa'id al-Khoudri a dit: Lors d'un déplacement, quand nous nous sommes arrêtés, une servante est arrivée et a dit: "Le seigneur de la tribu souffre d'une morsure et nos hommes sont absents ! Y a-t-il parmi vous un exorciste ?"
Alors, un homme l'a ccompagnée ? Un homme que nous ne soupçonnions pas de guerrison. Il a exorcisé le mal, rétablissant ainsi le seigneur. Celui-ci ordonna trente brebis au profit de notre compagnon et nous abreuva de lait. Et, lorsque nous nous sommes retirés, nous lui avons dit: "Est-ce que tu savais t'y prendre ou est-ce que tu étais en train d'exorciser ?
- Que non a-t-il dit, je n'ai fait qu'exorciser par la Mère du Livre."
Nous nous sommes alors dit: "N'inventez rien jusqu'à ce que nous interrogions (là- dessus) l'Envoyé d'Allah."
A notre retour à Médine, nous en avons fait le récit au Prophète et il a alors dit: "Et qu'est-ce qui lui fait croire qu'elle est une guerrison ? Faites-en la répartition et laissez-moi une part".

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Allâh le Très-Haut n'a pas descendu, ni dans la Torah, ni dans l'Évangile, une sourate comme la mère du Coran, elle est les 7 versets répétés [et le Coran sublime que j'ai reçu]". (An-Nasâi, Al-Hâkim qui dit authentique, le confirme Adh-Dhahabi)

Ibn 'Abbas (رضي الله عنهما) a rapporté : "Pendant que Jibrîl était assis en compagnie du Prophète, il entendit un son au-dessus de lui. Il leva alors la tête et déclara : "Voici une porte du ciel qui a été ouverte aujourd'hui et qui n'avait jamais été ouverte avant ce jour". Puis un Ange en descendit et Jibrîl fit ce commentaire: "Voilà un Ange qui vient de descendre sur terre; il n'y est jamais descendu avant ce jour". L'Ange salua et dit au Prophète: "Réjouis-toi car tu as reçu deux lumières qu'aucun prophète avant toi n'avait reçues: "Al-Fâtiha" (L'ouverture du Livre) et les derniers versets de la sourate "Al-Baqara" (La vache). Tu ne liras pas une seule lettre de l'une de ces deux parties du Coran sans être exaucé". (Mouslim)

Les circonstances de la révélation de cette sourate

Ibn 'Abbàs (رضي الله عنهما) rapporte: "Alors que l'Ange Gabriel (عليه السلم) était assis auprès du Prophète (صلى الله عليه وسلم), voilà qu'il entendit un bruit venant d'en haut. Il leva la tête et dit: "C'est une porte du ciel qui vient de s'ouvrir aujourd'hui et jamais elle ne s'est ouverte avant ce jour". A travers cette porte descendit un Ange et Gabriel dit: «Voilà un Ange qui vient de descendre sur terre et il n'y est jamais descendu avant ce jour». L'Ange les salua et dit à Mohammad (صلى الله عليه وسلم) : Félicite-toi de deux lumières que Dieu t'a données et qu'il n'a données à aucun prophète avant toi. Ce sont: Le Prélude du Livre [Al-Fâtiha] et les deux derniers versets de la sourate "la Vache" [Al-Baqara]. Tu ne liras pas une seule lettre de ces versets sans obtenir aussitôt les bonnes choses qui y sont demandées à Dieu pour les Croyants". (Mouslim)

1. Au nom de Dieu le Miséricordieux, le Très Miséricordieux

    Ibn 'Abbas (رضي الله عنهما) a dit que l'Envoyé de Dieu (صلى الله عليه و سلم) ne savait séparer entre les sourates que lorsqu'on lui révéla la "Basmala": Au nom de Dieu le Miséricordieux le Très Miséricordieux.

2. Louange à Dieu, le Seigneur des mondes

    Ibn Jarir a dit: "Louange à Dieu" est une reconnaissance envers Dieu seul en dehors de toutes Ses créatures car Il est digne de cette louange pour ce qu'Il a accordé à Ses serviteurs comme bienfaits que nul ne peut les dénombrer, et pour la création de l'homme de sorte qu'il puisse user de tous ses membres et accomplir tous les devoirs qui lui ont été imposés. Dieu avait dispensé largement Ses dons à Ses serviteurs dans le bas monde afin d'être reconnaissants envers Lui, et pour cela Il leur ordonnait de Le remercier en disant: "Louange à Dieu", à savoir que ce terme signifie aussi un éloge dont le Seigneur s'en est loué Lui-même.

    L'Envoyé de Dieu a dit: "La meilleure mention de Dieu consiste à dire: "II n'y a d'autre divinité que Dieu", la meilleure invocation est: "Louange à Dieu"." (At-Tirmidhi)

    Il a dit aussi: "Lorsque le serviteur reçoit un bienfait de Dieu et dit: "Louange à Dieu", ce qu'il donne est meilleur que ce qu'il a prit". (Ibn Mâja)

    Ibn Omar a rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit: "Un homme a dit: "Seigneur, à Toi la louange comme il sied à la majesté de Ta Face et à la grandeur de Ton pouvoir". Les deux anges - qui accompagnent toujours l'homme et qui inscrivent ses bonnes et mauvaises actions – trouvèrent une difficulté dans son inscription. Ils montèrent au ciel et dirent: "Seigneur, un de Tes serviteurs a proféré des mots et nous ne savons pas comment nous devons les inscrire". Dieu leur demanda: "Qu'a dit Mon serviteur?" Ils répondirent: "Il a dit: "Seigneur, à Toi la louange comme il sied à la majesté de Ta Face et d la grandeur de Ton pouvoir". Dieu répliqua: "Inscrivez-les comme tels jusqu'à ce qu'il me rencontrera pour le récompenser"." (Ibn Mâja)

    Al-Farra' et Abou Oubaid ont dit: "Le mot "monde" se rapporte à toutes les créatures qui sont douées d'intelligence telles: les humains, les génies, les anges et les démons".

    Al-Zajjaj avait une opinion contraire et dit: "Elle renferme tout ce que Dieu a créé dans ce bas monde et dans la vie future".

    Al-Qourtoubi était de l'avis de ce dernier et dit: "Le mot "mondes" englobe tout ce qui se trouve dans les deux mondes, car Dieu a dit: {‹Et qu'est-ce que le Seigneur de l'univers?› dit Pharaon. ‹Le Seigneur des cieux et de la terre et de ce qui existe entre eux, dit [Moïse], si seulement vous pouviez en être convaincus!› } (26/23-24)

3.  Le Miséricordieux, Celui qui fait miséricorde

    Al-Qourtoubi a dit: "Dieu s'est qualifié de ces deux attributs après: "Le Seigneur des mondes pour joindre l'exhortation à la crainte, et il tira argument de ce verset: {Informe Mes serviteurs que c'est Moi le Pardonneur, le Très Miséricordieux. Et que Mon châtiment est certes le châtiment douloureux.} (15/49-50) et ce verset: {Ton Seigneur est prompt dans Son châtiment, Il est aussi celui qui pardonne, Il est miséricordieux}.

    Il a dit: {Il est Miséricordieux envers les croyants.} (33/43)

    Ibn Jarir a dit: Le Miséricordieux (Al-Rahman) envers toutes ses créatures, et qui fait miséricordes (Al-Rahim) ne concerne que les croyants.

4. Maître du Jour de la rétribution

    L'Envoyé de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Dieu saisira la terre et pliera les cieux de Sa main, puis Il dira: "Je suis le Souverain, ou sont donc les rois de la terre ? Où sont les tyrans? Où sont les orgueilleux?"". (Al-Boukhâri et Mouslim)

    Ibn Abbas a dit: "Le jour de la rétribution est le jour de compte final où toutes les créatures seront jugées selon leurs œuvres qu'elles avaient commises, si elles étaient bonnes, elles seront récompensées, si elles étaient mauvaises, elles seront châtiées à moins que Dieu ne les pardonne".

5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours

    Muzahim Ibn Zafar a rapporté : "Soufyan Ath-Thawri nous dirigeait dans la prière du Maghrib et quand il lut {C'est Toi Seul) que nous adorons et Toi (Seul) dont nous demandons l'aide} (1/5), il a commencé à pleurer au point d'interrompre sa récitation. Il recommença donc de nouveau".

6. Guide-nous dans le droit chemin

    An-Nawas Ibn Sam'an a rapporté que l'Envoyé de Dieu a dit: "Dieu donne la parabole d'un chemin droit, tout au long de ses bords se trouvent deux murailles munies des portes ouvertes mais couvertes par des rideaux. Sur ce chemin, un homme se tient et s'écrie: "hommes! Empruntez ce chemin sans se dévier". Un autre crieur au-dessus de ce chemin, quand un homme essaie d'ouvrir l'une de ces portes, le met en garde en lui disant: "Malheur à toi. Ne l'ouvre pas. Si tu l'ouvres, tu dois y accéder". Or ce chemin n'est que l'Islam, les deux murailles sont les limites de Dieu, les portes Ses interdictions, la personne sur le chemin est le livre de Dieu et le crieur d'en haut, le sermonneur de Dieu qui se trouve dans le cœur de chaque musulman". (Ahmad)

    D'après Ibn Abbas, Le chemin droit est la religion de Dieu qui ne renferme aucune tortuosité.

    D'après Ibn Al-Hanafia: il est la religion de Dieu et aucune autre ne serait acceptée.

    Moujâhid a dit: "Le chemin droit est la vérité".

    Ibn Jarir dit: "Le chemin droit est celui dont Dieu a agréé à Son serviteur qui s'y tient ferme après avoir reçu Ses bienfaits et qui les traduit en actes et paroles, qui sera parmi de ceux que Dieu a comblé de bienfaits, avec les Prophètes, les justes, les témoins et les saints, en le dirigeant vers l'islam."

7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés

    Ceux qu'Allah a comblés de faveurs sont les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux

    {Quiconque obéit à Allah et au Messager... ceux-là seront avec ceux qu'Allah a comblés de Ses bienfaits: les prophètes, les véridiques, les martyrs, et les vertueux. Et quels compagnons que ceux-là!} (4/69)

    Ceux qui ont encouru la colère d'Allah sont les juifs, et les égarés sont les chrétiens

    'Adi Bin Hatim a dit: "J'ai demandé à l'Envoyé de Dieu au sujet de ceux qui sont désignés par ce verset: {Non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère}, il me répondit: "Ce sont les juifs, quant aux égarés ce sont les chrétiens""

    {Celui qu'Allah a maudit, celui qui a encouru Sa colère, et ceux dont Il a fait des singes, des porcs} (5/60)

    {des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit.} (5/77)

    II est recommandé à celui qui récite la Fâtiha de dire après: "amine" qui signifie: "exauce ma prière"

    Abou Hourayra a rapporté: Quand l'Envoyé de Dieu finissait la récitation de ce verset: {non le chemin de ceux qui ont encouru Ta colère, non le chemin des égarés}, il disait: "amine" de sorte qu'il fasse entendre ceux qui se trouvent derrière lui.

 

Exégèse de la sourate 2: La vache


Les mérites de cette sourate

Abou Hourayra (رضي الله عنه) a rapporté que le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Ne faites pas de vos maisons des tombeaux; Certes, Satan fuit la maison dans laquelle on lit la sourate "Al-Baqara" (La vache)". (Mouslim)

Abi Oumâma al-Bahili rapporte qu'il a entendu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dire: "Lisez le Coran, car il intercèdera en faveur de son lecteur le jour du jugement. Lisez les deux sourates pleines de lumière (Az-zahrawayn: "La vache" et "La famille de Imran") car, au Jour de la Résurrection, elles viendront sous la forme de deux nuages ou de deux bandes d'oiseaux étalant leurs ailes pour plaider (la cause) de celui qui les lisait. Lisez la sourate "Al-Baqara" (La vache) car sa récitation est une bénédiction et son abandon est regrettable; et elle a le pouvoir de réduire à l'impuissance tout ensorcellement". (Mouslim)

Selon Sahl ben Sa'd, l'Envoyé  a dit: "toute chose a une protubérance. Celle du Coran c'est 'la vache".
Quiconque la récite une nuit dans sa maison, le diable n'y entre pas pendants trois jours"
.

Selon Abou Hourayra, l'Envoyé  reçut une nombreuse délégation: il examina alors chacun sur ce qu'il savait du
Coran. Parvenu à un homme qui était le plus bas, il lui dit: "Qu'est-ce que tu as avec toi, Un Tel ?"
-J'ai avec moi telle chose et telle chose et la sourate "la vache", dit le jeune homme.
"Tu as avec toi la sourate de la "vache ?"
"Oui".
"Va" dit le Prophète, "tu es leur émir"

Selon an Nuwâs ben Sam'ân, le Prophète  a dit: "le jour de la résurrection on amènera le Coran et ceux qui s'y conformaient, ainsi qu'à leur tête la sourate de "la vache" et de "la famille d'Imran".

1. Alif, Lam, Mim

    Ce verset fait parti de ceux qui peuvent prêter à d'interprétations diverses

    {C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre: il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations diverses.} (3/7)

    Âmir Ach Cha'bi (ÑÍãå Çááå): "Chaque Livre (divin) contient un secret, et le secret du Coran, ce sont les signes initiant (certaines) Sourates". (Ibn Al-Moundhir)

    Essais d'interprétations

    On rapporte de Ibn Abbas (رضي الله عنهما) que "alif lâm mîm" signifierait "Je Suis Allah le Plus Savant" ("Ana Allâhou A'lamou"). (As Soyoûti "Al Itqân" 2/9)

    Un avis rapporté notamment de As Souddi (ÑÍãå Çááå), et attribué, entre autres, à Ibn Abbas, Ibn Mas'oûd et 'Ali (رضي الله عنهم) Ces lettres seraient des Noms d'Allah. (Ar-Râzi - "Tafsîr Kabîr" 1/6)

    Saïd Ibn Joubayr (ÑÍãå Çááå) affirmait pour sa part que ces lettres représentaient en fait des parties de Noms Divins: Ainsi, mis bout à bout, "A.L.R" (alif lâm râ - 11/1), "H.M" (hâ mîm - 41/1) et "N" (noûn - 68/1) donnent le Nom "Al Rahmân" (Le Tout Miséricordieux). (Ar-Râzi dans "Tafsîr Kabîr")

    Selon Qatâdah (ÑÍãå Çááå), ces sigles seraient en fait différents noms du Coran. (Abdoul Razzâq dans son Moussannaf)

2. C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux.

    Sa guidance est propre aux croyants

    {pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison} (41/44)

    {pour les croyants un guide et une miséricorde} (27/77)

3. qui croient à l'invisible et accomplissent la Salat et dépensent [dans l'obéissance à Allah], de ce que Nous leur avons attribué.

    La croyance en l'invisible

    Abou Jum'a rapporte aussi ceci: "Nous avons soupé avec l'Envoyé. Abou Ubayda ben al Jarrâh, qui était avec nous, a dit: "Ô Envoyé d'Allah, est-ce qu'il y en a qui sont mieux que nous ? Nous avons cru à l'Islam avec toi, nous avons combattu
    avec toi. -Oui, a répondu le Prophète, des gens viendront après vous et croiront en moi sans m'avoir vu."

    Ibn Mas'ûd a dit: "La cause de Muhammad est claire pour qui la voit. Par Allah ! personne ne croit jamais d'une croyance meilleure que la croyance en l'invisible". Puis il a récité {qui croient à l'invisible [...] ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future)} (2/3-5)

    L'invisible est ce qui est invisible aux yeux des hommes, c'est à dire les choses du Jardin, les choses du Feu et ce qui est cité dans le Coran (Ibn Abbâs, Ibn Mas'ûd).

    'Atâ a dit: "Celui qui croit en Allah croit en l'invisible."

    L'accomplissement de la Salat

    Accomplissent le rukû', le sujûd, ainsi que la récitation, le recueillement (Ibn Abbâs).

    c'est le fait de perpétuer la prière dans ses heures fixes, ses ablutions, son rukû' et son sujûd (Qatâda).

    et dépensent [dans l'obéissance à Allah], de ce que Nous leur avons attribué

    C'est l'aumône légale qu'on fait sur ses biens (Ibn Abbâs)

    c'est la dépense de l'homme en faveur de sa famille (d'autres compagnons du Prophète).

    Ibn Jarîr, quant à lui, choisit l'avis qui dit que ce segment est général à l'aumône et aux dépenses.

4. Ceux qui croient à ce qui t'a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi et qui croient fermement à la vie future.

    Ibn Abbâs: et qui accordent créance à ce que tu as apporté d'Allah et à ce que les autres envoyés avaient apporté aussi, sans discrimination aucune entre tous les envoyés, et sans récuser ce que ces envoyés ont apporté de leur Seigneur.

    Selon l'avis de Mujâhid, qui est évident, la sourate de la Vache contient quatre versets pour qualifier les croyants, deux pour qualifier les mécréants et treize pour qualifier les hypocrites.

5. Ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future).

    Suivent la lumière venue de leur Maître et se conforment à ce qu'il leur a envoyé (Ibn Abbâs).

6. [Mais] certes les infidèles ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non: ils ne croiront jamais.

    Ils ne croieront pas jusqu'à qu'ils voient le chatiment

    {Ceux contre qui la parole (la menace) de ton Seigneur se réalisera ne croiront pas, même si tous les signes leur parvenaient, jusqu'à ce qu'ils voient le châtiment douloureux} (10/96-97)

    Selon Ibn Abbâs, l'Envoyé tenait énormément à ce que tous les hommes croient et suivent la guidance: Allah l'informa alors que ne croirait que celui à qui Allah avait écrit le bonheur dans le Rappel premier, et ne s'égarait que celui à qui Allah avait écrit l'infortune dans le Rappel premier.

7. Allah a scellé leurs cœurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment.

    Leurs coeurs sont scellés à cause de leurs péchés

    {Pas du tout, mais ce qu'ils ont accompli couvre leurs cœurs.} (83/14)

    Le Prophète a dit: Si le croyant commet un péché, un point noir s'installe dans son cœur. S'il s'en repent, s'en décolle, se blâme, son cœur se récure. Mais s'il en rajoute, le point noir augmente, si bien qu'il domine son cœur. C'est cela dont parle Allah: non pas ! mais leur cœur s'est souillé de leurs propres acquis.

    Selon Mujâhid, le cœur des dénégateurs est scellé sous-entend que les péchés se fixent dans leur cœur si bien qu'ils l'entourent complètement.

    Selon Ibn Jarîr, certains disent que Allah a scellé leurs cœurs veut dire que Allah nous informe sur l'orgueil des dénégateurs et leur refus d'entendre la Vérité à laquelle ils sont appelés.

8. Parmi les gens, il y a ceux qui disent: "Nous croyons en Allah et au Jour dernier!" tandis qu'en fait, ils n'y croient pas.

    Voir: La définition de l'hypocrisie

10. Il y a dans leurs cœurs une maladie, et Allah laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti.

    {Et quand une Sourate est révélée, il en est parmi eux qui dit: "Quel est celui d'entre vous dont elle fait croître la foi?" Quant aux croyants, elle fait certes croître leur fois, et ils s'en réjouissent. Mais quant à ceux dont les coeurs sont malades elle ajoute une souillure à leur souillure, et ils meurent dans la mécréance} (9/124-125)

    Ibn Abbâs: La maladie dont il s'agit est l'hypocrisie.

    Abdarrahmân b. Aslam: Cela est une maladie qui touche la foi, non une maladie qui atteint le corps.

    Selon as-Suddy, qui se réfère à Ibn Mas'ûd, cette parole divine concerne les hypocrites; le dégât sur la terre est la dénégation, ainsi que la désobéissance à Allah.

11. Et quand on leur dit: "Ne semez pas la corruption sur la terre", ils disent: "Au contraire nous ne sommes que des réformateurs!"

    La corruption est la désobéissance

    Ne commettez pas de désobéissance sur la terre (Abou al-Aliya).

    Mujâhid: Lorsqu'ils se livrent à la désobéissance et qu'on leur dit: "Ne faites pas telle chose, ne faites pas telle autre chose"., ils rétorquent: "Au contraire, nous sommes sur la bonne voie des conciliateurs".

    Ibn Jarîr: Les gens d'hypocrisie sont des faiseurs de dégât sur la terre par leur désobéissance à Allah, leur acharnement sur Ses interdits, leur abandon de Ses obligations, leur suspicion sur Sa religion et leurs actions de berner les croyants. Ils pensent ainsi être des réformateurs, des conciliateurs. Avec leur apparence de croyants, ils bernent les croyants (dotés de) leur vérité foncière, ils s'allient avec les dénégateurs contre les croyants. S'ils se suffisaient à leur apparence, leur mal serait moins dangereux.

    Leur réforme est la conciliation de la foi et de la mécréance

    Nous voulons concilier les deux parties que sont les croyants et les gens du Livre (Ibn Abbâs).

14. Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent: "Nous croyons"; mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent: "Nous sommes avec vous; en effet, nous ne faisions que nous moquer (d'eux)".

    quand ils se retrouvent avec leurs présidents en dénégation (Ibn Mas'ûd)

    quand ils se retrouvent avec leurs compagnons juifs qui leur demandent de démentir, de contredire le message du Prophète (Ibn Abbâs)

    quand ils se retrouvent avec leurs compagnons hypocrites et associants (Mujâhid)

    quand ils se retrouvent avec leurs présidents et leurs dirigeants en associance et en malfaisance (Qatâda).

    Ibn Jarîr dit que le démon peut être un humain, un djinn, en s'appuyant sur: {des diables d'entre les hommes et les djinns, qui s'inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles enjolivées} (6/112)

15. C'est Allah qui Se moque d'eux et les endurcira dans leur révolte et prolongera sans fin leur égarement.

    Allah se moque d'eux, par vengeance, Il leur dicte (Ibn Abbâs).

16. Ce sont eux qui ont troqué le droit chemin contre l'égarement. Eh bien, leur négoce n'a point profité. Et ils ne sont pas sur la bonne voie.

    Les hypocrite prennent l'errance et délaissent la guidance (Ibn Mas'ûd)

    ils achètent la dénégation moyennant la croyance (Ibn Abbâs)

    ils croient puis dénient (Mujâhid)

    il préfèrent l'errance à la guidance (Qatâda)

17. Ils ressemblent à quelqu'un qui a allumé un feu; puis quand le feu a illuminé tout à l'entour, Allah a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien.

    Ar-Râzy: La comparaison est parfaitement juste, parce qu'avec leur croyance ils ont gagné la lumière mais ont ensuite anéanti cette lumière avec leur hypocrisie plongeant ainsi dans une très grande confusion.

    Abdarrahmân b. Zayd: C'est cela la caractéristique des hypocrites. Ils étaient croyants si bien que la croyance illumina leur coeur comme la flamme qui illumine les alentours de ceux qui allument le feu, puis ils ont dénié: Alors Allah enleva la lumière de la croyance, à la manière de la disparition de la flamme, et les a abandonnés aveugles dans les ténèbres.

18. Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir (de leur égarement).

    {Car ce ne sont pas les yeux qui s'aveuglent, mais, ce sont les coeurs dans les poitrines qui s'aveuglent} (22/46)

20. L'éclair presque leur emporte la vue: chaque fois qu'il leur donne de la lumière, ils avancent; mais dès qu'il fait obscur, ils s'arrêtent. Si Allah le voulait Il leur enlèverait certes l'ouïe et la vue, car Allah a pouvoir sur toute chose.

    {Le jour où les hypocrites, hommes et femmes, diront à ceux qui croient: "Attendez que nous
    empruntions [un peu]: de votre lumières". Il sera dit: "Revenez en arrière, et cherchez de la lumière"}
    (57/13)

    Ibn Abbâs dit que leur vue risque d'être emportée à cause de la lumière intense de la vérité.

    Allah pouvait bien leur enlever ces sens, parce qu'ils ont abandonné le Vrai après l'avoir connu (Ibn Abbâs).

    Ibn Jarîr: Allah s'est décrit ici d'omnipotence, pour mettre en garde les hypocrites contre Son impétuosité.

    Ibn Jarîr avec de nombreux exégètes pensent que ces deux exemples ont été donnés pour un seul type d'hypocrites.

21. Ô hommes! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés. Ainsi atteindriez-vous à la piété.

22. C'est Lui qui vous a fait la terre pour lit, et le ciel pour toit; qui précipite la pluie du ciel et par elle fait surgir toutes sortes de fruits pour vous nourrir, ne Lui cherchez donc pas des égaux, alors que vous savez (tout cela).

    Ibn Mas'ûd a dit: "J'ai demandé: " O Envoyé d'Allah, quel est pour Allah le péché le plus grave ? - C'est, dit-il,
    que tu donnes à Allah un égal alors que c'est Lui qui t'a créé. "

    Ne Lui donnez pas des semblables associés (Abou al-Aliya)

    Vous savez qu'il est l'Unique, dans la Torah et l'Evangile (Mujâhid).

23. Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors d'Allah, si vous êtes véridiques.

    Ibn Abbâs: "vos témoins" signifie "vos appuis".

25. Annonce à ceux qui croient et pratiquent de bonnes oeuvres qu'ils auront pour demeures des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux; chaque fois qu'ils seront gratifiés d'un fruit des jardins ils diront: "C'est bien là ce qui nous avait été servi auparavant". Or c'est quelque chose de semblable (seulement dans la forme); ils auront là des épouses pures, et là ils demeureront éternellement.

    Ibn Abbâs (que Dieu l'agrée) a expliqué ainsi : "La réalité de ce qui existe dans le paradis n'a de commun avec ce qui existe en ce monde que les noms". (Silsilat ul-ahâdîth as-sahîha, n° 2188)

54. Et [rappelez-vous], lorsque Moïse dit à son peuple: ‹Ô mon peuple, certes vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en prenant le Veau pour idole. Revenez donc à votre Créateur; puis, tuez donc les coupables vous- mêmes: ce serait mieux pour vous, auprès de votre Créateur›!... C'est ainsi qu'Il agréa votre repentir; car c'est Lui, certes, le Repentant et le Miséricordieux!

    Ibn Abass (رضي الله عنهما) a dit : "Le repentir était que chacun d'entre eux doit tuer celui qui rencontre qu'il soit son fils ou son père, il tue avec son épée sans se soucier du nombre de personnes qu'il a tué". (An-Nassai et Ibn Abi Hatim)

144. Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c'est la vérité venue de leur Seigneur. Et Allah n'est pas inattentif à ce qu'ils font.

    Ibn 'Omar (رضي الله عنهما) a dit: "Le Prophète faisait la prière en direction du Qouds [avec la Ka'ba devant lui] avant que ne descende ce verset: {Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée.} (2/144). Quand ce verset fût descendu, il prit pour direction la maison sacrée [Al-Ka'ba]. Les gens étaient à Qouba en train de faire la prière du matin [As-Soubh] quand ont vint leur dire: "Cette nuit il fut ordonné au Prophète de changer la direction de prière actuelle pour la Ka'ba. Prenez-la donc pour direction! Leurs visages étaient vers le Chem, il se sont alors retournés vers la Ka'ba [et leur imam s'est déplacé jusqu'à se diriger vers la Ka'ba]"". (Al-Boukhâri, Mouslim n°818, Ahmad, At-Tabarâni, As-Sirâj)

184. pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation: nourrir un pauvre. Et si quelqu'un fait plus de son propre gré, c'est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez!

    Salama (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: "Quand ce verset {Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation: nourrir un pauvre} fut révélé, il était permis de rompre le jeûne à condition de faire une expiation. Cela dura jusqu'à la révélation du verset suivant qui l'abrogea". (Mouslim n°1931)

187. On vous a permis, la nuit d'as-Siyam, d'avoir des rapports avec vos femmes; elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles. Allah sait que vous aviez clandestinement des rapports avec vos femmes. Il vous a pardonné et vous a graciés. Cohabitez donc avec elles, maintenant, et cherchez ce qu'Allah a prescrit en votre faveur; mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit. Mais ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées. Voilà les lois d'Allah: ne vous en approchez donc pas (pour les transgresser).C'est ainsi qu'Allah expose aux hommes Ses enseignements, afin qu'ils deviennent pieux.

    D'après 'Adî ibn Hâtim (qu'Allah soit satisfait de lui), Quand ce verset: {Jusqu'à ce que se distingue, pour vous le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit fut révélé}, 'Adî ibn Hâtim a dit: "O Envoyé d'Allah! Je mets sous mon traversin deux cordelettes, une noire et une blanche pour distinguer l'aube de la nuit".
    - "Ton traversin est donc singulièrement large, répondit le Prophète (saws), le fil noir signifie la noirceur de la nuit et le fil blanc, la blancheur de l'aube". (Mouslim n°1824)

    Sahl ibn Sa'd (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: Quand ce verset: Mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc du fil noir fut révélé, l'homme (voulant jeûner) prenait une cordelette blanche et une autre noire et continuait à manger (et à boire) tant qu'il pouvait distinguer l'une de l'autre. Ce fut alors qu'Allah abrogea le verset précédent par celui-ci: {le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit} et on comprit alors qu'il s'agissait de la noirceur de la nuit et de la blancheur de l'aube. (Mouslim n°1825)

189. Ils t'interrogent sur les nouvelles lunes - Dis: "Elles servent aux gens pour compter le temps, et aussi pour le Hajj [pèlerinage]. Et ce n'est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l'arrière des maisons. Mais la bonté pieuse consiste à craindre Allah. Entrer donc dans les maisons par leurs portes. Et craignez Allah afin que vous réussissiez!".

    D'après Al-Barâ' (qu'Allah soit satisfait de lui), Quand les 'Ansâr accomplissaient le grand pèlerinage (le Hajj) et qu'ils rentraient chez eux, ils n'entraient point par la porte de leur maison, mais par l'arrière. Un homme des 'Ansâr étant rentré chez lui par la porte, on lui en fit le reproche et c'est alors que fut révélé ce verset: {Et ce n'est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l'arrière des maisons}. (Mouslim n°5351)

198. Ce ne sera nullement pour vous un péché de rechercher quelque bienfait de la part de votre Seigneur

    Ibn 'Abbàs (رضي الله عنهما), a dit: "'Oukàdh, Mijanna et Dhoulmajâz étaient des marchés avant l'Islam. Leurs habitants craignaient de commettre un péché en exerçant leur commerce durant les mois du pèlerinage. C'est alors que descendit le verset suivant: {Ce ne sera nullement pour vous un péché de rechercher quelque bienfait de la part de votre Seigneur} (2/198) dans les mois du pèlerinage". (Al-Boukhâri)

199. Ensuite déferlez par où les gens déferlèrent, et demandez pardon à Allah. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

    'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle) a dit: "Les Qoraychites et tous ceux qui suivaient leur religion, faisaient halte à Al-Muzdalifa et on les appelait "Al-Hums" (les forcenés, parce qu'ils s'attachaient enfièvrement à leur religion), tandis que tous les autres Arabes faisaient station à 'Arafa. A l'avènement de l'Islam, Allah -à Lui la puissance et la gloire- ordonna à Son Prophète (saws) de faire station à 'Arafa puis d'en déferler, et ce conformément à cette parole divine: {Ensuite, déferlez par où les gens déferlèrent}" (Mouslim n°2140)

201. Et il est des gens qui disent: "Seigneur! Accorde nous une belle part ici-bas, et une belle part aussi dans l'au-delà; et protège-nous du châtiment du Feu!".

    D'après Anas (qu'Allah soit satisfait de lui), le Prophète (saws) rendit visite à un musulman qui s'était affaibli jusqu'à ce qu'il fut devenu comme un poulet. Alors le Prophète (saws) dit: "Est-ce que tu faisais une invocation précise ou une certaine requête (à Allah)?".
    Et l'homme répondit: "Oui! Je disais: Seigneur! Si jamais Tu me préserves un châtiment dans l'au-delà, anticipe-le-moi ici-bas (estimant une horreur atténuée)".
    Sur ce, le Prophète (saws) dit: "Gloire et pureté à Allah! Tu ne peux pas le supporter. Pourquoi donc ne dis-tu pas: {Seigneur! Accorde-nous belle part ici-bas et belle part aussi dans l'au-delà; et protège-nous du châtiment du Feu} Puis le Prophète invoqua Allah en sa faveur et l'homme fut guéri. (Mouslim n°4853)

203. Et invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés. Ensuite, il n'y a pas de péché, pour qui se comporte en piété, à partir au bout de deux jours, à s'attarder non plus. Et craignez Allah. Et sachez que c'est vers Lui que vous serez rassemblés.

    Et invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés.

    Il s'agit dans ce verset des jours de Tashriq (11e, le 12e et le 13e jours de Dhoul Hijja) d'après Ibn 'Omar et la plupart des savants.

223. Vos épouses sont pour vous un champ de labour ; allez à votre champ comme vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l'avance. Craignez Dieu et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants !

    Jâbir (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: Les juifs prétendaient que quand l'homme entreprenait des rapports charnels avec sa femme (à travers son vagin mais) en se tenant derrière elle, l'enfant, fruit de cette union, sera louche. C'est pourquoi ce verset fut révélé: {Vos épouses sont pour vous un champ de labour (lieu de productivité comme le champ); allez à votre champ comme (et quand) vous le voulez...} (Mouslim n°2592)

    Une femme auxiliaire demanda au Prophète ce qu'il en était de l'homme qui se positionne derrière sa femme pour la pénétrer par-devant. Il lui récita alors le verset : "Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme vous le voulez.", en précisant que cela devait se faire uniquement dans le vagin.

    Un jour, `Umar dit au Prophète : "Ô Messager de Dieu, je suis perdu !"
    Il lui demanda : "Et qu'est-ce qui t'a perdu ?"
    `Umar répondit : "J'ai changé de destination hier soir - signifiant par-là qu'il s'était positionné derrière son épouse pour la pénétrer par-devant."
    Le Prophète garda le silence et ne dit rien, jusqu'à la révélation du verset susmentionné. Il lui dit alors : "Positionne-toi par-devant ou par-derrière, mais fais attention à la période des règles."

232. Et quand vous divorcez d'avec vos épouses, et que leur délai expire, alors ne les empêchez pas de renouer avec leurs époux, s'ils s'agréent l'un l'autre, et conformément à la bienséance. Voilà à quoi est exhorté celui d'entre vous qui croit en Allah et au Jour dernier. Ceci est plus décent et plus pur pour vous. Et Allah sait, alors que vous ne savez pas.

    Ma'qal Ibn Yassar (رضي الله عنه)a dit: "J'ai marié une de mes soeurs à un homme qui divorça d'elle jusqu'a ce que dépasse son délai de viduité, puis il revient me la redemander en mariage, et je lui ait dit: "Je te l'ai marié, je t'ai honoré puis tu la divorcé et tu viens me la redemander, par Allah elle ne reviendra plus jamais à toi." Et c'était (le prétendant) un homme bien, et la femme voulait retourner avec lui. Allah descendit ce verset-ci. Je dis alors au Prophète (صلى الله عليه وسلم): "Maintenant je le fais...", puis je lui ai donné en mariage à cet homme".

    Dans une autre version il est dit qu'après la descente du verset, Ma'qal dit: "J'écoute et j'obéis à mon seigneur...". (al-Boukhâri)

238. Soyez assidus aux Salats et surtout la Salat médiane; et tenez-vous debout devant Allah, avec humilité.

    Yazîd ibn Al-Arqâm (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: Pendant la prière, nous parlions et nous causions ensemble jusqu'à la révélation de ce verset: {Tenez-vous devant Allah, avec humilité}. Ainsi reçûmes-nous l'ordre de garder le silence (pendant la prière). (Mouslim n°838)

255. Allah! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "al-Qayyum". Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône "Kursiy" déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand.

    Un satant dit à Abu Hurayra : "Quand tu iras te coucher, récite le verset du Trône. Allah enverra un gardien chez toi et aucun diable ne s'approchera de toi jusqu'au matin"
    Le Prophète lui dit alors : "Il t'a dit la vérité bien qu'il soit un grand menteur, c'était Iblis". (al-Boukhâri)

    Oubay ibn Ka'b (رضي الله عنه) a rapporté que le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Ô Abou Al-Moundhir, sais-tu quel est le verset du Livre d'Allah (le Coran) que tu as retenu et qui est le plus sublime?"
    Je lui répondis : {Allah ! Point de divinité à part Lui, le Vivant Celui qui subsiste par lui-même} (2/255)
    Il me frappa alors la poitrine et me dit : "La science (qui t'a été octroyée) te singularise, Abou Al-Moundhir". (Mouslim)

    Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Quiconque récite le verset du trône après chaque prière obligatoire, ne sera retenu d'aller au Paradis que par la mort". (an-Nasâi)

260. Et quand Abraham dit: "Seigneur! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts", Allah dit: "Ne crois-tu pas encore?" "Si! dit Abraham; mais que mon coeur soit rassuré". "Prends donc, dit Allah, quatre oiseaux, apprivoise-les (et coupe-les) puis, sur des monts séparés, mets-en un fragment ensuite appelle-les: ils viendront à toi en toute hâte. Et sache qu'Allah est Puissant et Sage."

    D'après Abou Hourayra (qu'Allah soit satisfait de lui), l'Envoyé d'Allah (pbAsl) a dit: Nous avons plus de droit qu'Abraham (pbAsl) de douter comme il l'a fait en disant: "Seigneur! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts" (2/260), Allah dit: "Ne crois-tu pas encore?" - "Si! dit Abraham; mais que mon cœur soit rassuré..." (Mouslim n°216)

285-286. Le Messager a cru à ce qui lui a été descendu de la part de son Seigneur, ainsi que les Croyants. Tous ont cru en Dieu, à ces Anges, à ces Livres et à ces Messagers. Nous ne faisons aucune différence entre ces Messagers.Dieu ne charge une âme que selon sa capacité. Elle a pour elle ce qu'elle a reçu et elle a contre elle ce qu'elle a acquis. Notre Seigneur! Ne nous en tiens pas rigueur si nous avons oublié ou fauté. Notre Seigneur! Ne nous fait pas supporter une lourde charge comme Tu l'as fait supporter à ceux qui nous ont devancés. Notre Seigneur! Ne nous impose pas ce qui est au-dessus de nos forces. Donne-nous Ton pardon, Ton absolution et Ta miséricorde. Tu es notre Maître; donne-nous la victoire sur les gens mécréant.

    Abou Hourayra (r) a dit: "Quand fut descendu sur le Messager de Dieu (saws) le verset suivant: {C'est a Dieu qu'appartient ce qui est dans les cieux et dans la Terre. Que vous montriez ce qui est en vous-mêmes ou que vous le cachiez, Dieu vous jugera là-dessus} (2/284), cela pesa lourdement aux Compagnons du Messager de Dieu (saws). Ils se rendirent auprès de lui et s'accroupirent. Ils dirent: "O Messager de Dieu! On nous a imposé des actions que nous sommes capables de faire: la prière, la guerre sainte, le jeûne et l'aumône. Voilà maintenant qu'on fait descendre sur toi un verset que nous ne pouvons supporter." le Messager de Dieu (saws) dit: "Voulez-vous donc dire comme ont dit les gens des deux Livres précédents: "Nous avons entendu et nous avons désobéi?" Mais dites plutôt: "Nous avons entendu et nous avons obéi, Ton absolution notre Seigneur! C'est vers Toi la destinée." Quand ces gens récitèrent à leur tour ces paroles et que leurs langues s'y furent pliées, Dieu fit descendre le verset suivants: {Le Messager a cru à ce qui lui a été descendu de la part de son Seigneur, ainsi que les Croyants. Tous ont cru en Dieu, à ces Anges, à ces Livres et à ces Messagers. Nous ne faisons aucune différence entre ces Messagers.}. Quand ils mirent ce verset en pratique, Dieu le fit abrogé par le verset suivant: {Dieu ne charge une âme que selon sa capacité. Elle a pour elle ce qu'elle a reçu et elle a contre elle ce qu'elle a acquis. Notre Seigneur! Ne nous en tiens pas rigueur si nous avons oublié ou fauté.} Dieu dit oui. {Notre Seigneur! Ne nous fait pas supporter une lourde charge comme Tu l'as fait supporter à ceux qui nous ont devancés.} Dieu dit oui. {Notre Seigneur! Ne nous impose pas ce qui est au-dessus de nos forces.} Dieu dit oui. {Donne-nous Ton pardon, Ton absolution et Ta miséricorde. Tu es notre Maître; donne-nous la victoire sur les gens mécréant.} Il dit oui. (Mouslim)

    Abou Mas'oud Al-Badri (رضي الله عنه) a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit: "Celui qui lit la nuit les deux derniers versets de la sourate "Al-Baqara" (La vache) fait suffisamment''. (al-Boukhâri, Mouslim)

 

Exégèse de la sourate 3: La famille d'Imran


Les mérites de cette sourate

Abi Oumâma al-Bahili rapporte qu'il a entendu le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dire: "Lisez le Coran, car il intercèdera en faveur de son lecteur le jour du jugement. Lisez les deux sourates pleines de lumière ("La vache" et "La famille de Imran") car, au Jour de la Résurrection, elles viendront sous la forme de deux nuages ou de deux bandes d'oiseaux étalant leurs ailes pour plaider (la cause) de celui qui les lisait". (Mouslim)

4. auparavant, en tant que guide pour les gens. Et Il a fait descendre le Discernement. Ceux qui ne croient pas aux Révélations d'Allâh auront, certes, un dur châtiment! Et, Allâh est Puissant, Détenteur du pouvoir de punir.

    Le Discernement : c'est le Coran (Qatâda et ar-Rabî') ; c'est la Torah (Abu. Çâlih).

    Ibn Jarîr penche pour l'avis disant que le Discernement est la source, puisque le Coran comme la Torah sont nommément cités dans ce verset.

7. C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre: il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au coeur une inclinaison vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque, cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Allâh. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la science disent: "Nous y croyons: tout est de la part de notre Seigneur!" Mais, seuls les doués d'intelligence s'en rappellent.

    Les versets sans équivoque

    Ibn Abbâs : les péremptoires sont les versets abrogatifs, ainsi que ceux qui parlent de Son licite, de Son illicite, de Ses normes expresses.

    Yahya b. Ya'mur : C'est ce qui désigne les obligations, le fait d'ordonner le convenable et d'interdire le blâmable, le licite et l'illicite.

    Saïd b. Jubayr explique le caractère de "partie-mère" des versets péremptoires par le fait qu'ils se retrouvent dans toutes les Ecritures.

    Muqâtil appuie cet avis par le fait que la partie-mère est acceptée de tout détenteur d'Ecriture.

    Ibn Yasâr: Les versets péremptoires sont les arguments du Seigneur, donc les protections des croyants contre le faux des adversaires dénégateurs. Ces versets ne sont ni maniables ni falsifiables.

    Les versets ambigus

    ce sont les versets abrogés, le mis en premier, le mis en second, les relégués, les semblances, les parts, les versets auxquels on croit sans qu'ils aient un prolongement pratique (Ibn Abbâs)

    ce sont les lettre citées au début de certaines sourates (Muqâtil b. Hayyân)

    Ibn Yasâr: Les versets ambigus s'avèrent des épreuves d'Allah pour Ses adorateurs, à la semblance des épreuves du licite et de l'illicite qui ne dévient en aucune manière du Vrai vers le faux.

    Ceux qui mettent l'accent sur les versets à équivoque doivent être évités

    Le Prophète , rapporte-t-on, avait récité {C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre… seuls les doués d'intelligence s'en rappellent} pour dire ensuite : Au cas où vous voyez ceux qui polémiquent sur cela, ce sont ceux-là à qui Allah fait allusion. Prenez-en alors garde.

    Le Prophète , rapporte-t-on aussi, avait récité le même passage pour dire ensuite : au cas où vous voyez ceux qui s'attachent à l'ambigu, ce sont ceux-là que Allah désigne. Prenez-en alors garde.

    L'interprétation des versets

    Ibn Abbâs : "L'explication a quatre approches ; une explication que personne n'est excusé pour comprendre, une explication que connaissent les Arabes grâces à leurs langues, une explication connue de ceux de science bien assise, et une explication connue d'Allah seul".

    il est rapporté que le Prophète  a dit: "Le Coran n'est pas descendu pour que ces parties se démentent réciproquement. Ce dont vous aurez à connaître, connaissez-le, mais ce qui vous est ambigu, croyez-y".

    Ibn Jarîr, Umar b. abdal'azîz et Mâlik b. Anas disent qu'ils y croient mais qu'ils ne savent pas le déchiffrer.

    Mujâhid : Ibn 'Abbâs a dit : "Je suis parmi ceux de science bien assise qui savent l'interpréter".

    Et c'est pourquoi Mujâhid a dit : "Ceux de science bien assise savent l'interpréter et disent Nous y croyons".

    Ar-Rabî b. Anas et Muhammed b. Ja'far soutiennent le même avis

    Ceux qui sont bien enracinés dans la science

    Il est rapporté que le Prophète  a été interrogé sur ceux de science bien assise et qu'il a répondu ainsi : C'est celui qui a une [main] de bienfaisance, une langue véridique, un cœur de rectitude, un ventre et un sexe exempt de souillure.

    Ibn Yazîd : Ce type de savants sont les soumis à Allah en vue de Sa satisfaction, qui ne s'enorgueillissent pas devant plus important qu'eux ni ne méprisent ceux qui sont moins importants qu'eux.

8. "Seigneur! Ne laisse pas dévier nos coeurs après que Tu nous aies guidés; et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, le Grand Donateur!

    Il est rapporté que le Prophète  invoquait ainsi : Toi qui renverses les cœurs, affermis mon cœur dans Ta religion. et récitait ensuite "Seigneur! Ne laisse pas dévier nos coeurs après que Tu nous aies guidés; et accorde-nous Ta miséricorde. C'est Toi, certes, le Grand Donateur!

12. Dis à ceux qui ne croient pas: "Vous serez vaincus bientôt; et vous serez rassemblés vers l'Enfer. Et quel mauvais endroit pour se reposer!"

13. Il y eut déjà pour vous un signe dans ces deux troupes qui s'affrontèrent: l'une combattait dans le sentier d'Allâh; et l'autre, était mécréante. Ces derniers voyaient (les croyants) de leurs propres yeux, deux fois plus nombreux qu'eux-mêmes. Or Allâh secourt qui Il veut de Son aide. Voilà bien là un exemple pour les doués de clairvoyance!

    Après avoir réussi, à la tête de l'armée musulmane, à vaincre les Quraychites de Makkah durant la bataille de Badr (au cours du mois de Ramadhân de l'an 2 de l'Hégire), le Prophète Mouhammad (صلى الله عليه وسلم) revint à Madinah et réunit l'ensemble des juifs au marché des "Banou Qaïnouqa'". Le Prophète (صلى الله عليه وسلم) s'adressa alors à eux en ces termes: "Ô vous les juifs! Acceptez donc l'Islam, avant qu'Allah ne vous fasse subir un sort semblable à celui des Quraïchites". Ces derniers répliquèrent: "Ô Mouhammad ! Ne vous surestimez pas parce que vous avez réussi à vaincre un groupe de Quraïchites. C'étaient des gens inexpérimentés qui ne connaissaient rien à la guerre. Si vous vous mesurez à nous, alors vous réaliserez que nous, nous sommes (réellement) des hommes et vous comprendrez que vous n'avez jamais eu affaire à des gens comme nous." C'est à la suite de cela que les deux présents versets ont été révélés. (Abou Dâwoud et Al-Bayhaqi)

    Ibn Mas'ûd dit : "Cela était à Badr : nous avions dirigé notre regard sur les associants, et à vue d'œil, nous les avions vus moins que nous. Et puis, nous les avions regardés. Nous les avions vus qu'ils ne nous dépassaient guère d'un seul homme. C'est cela Il vous les montrait peu nombreux à Vos yeux, de même qu'Il vous faisant paraître à leurs yeux peu nombreux"

64. - Dis: "Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n'adorions qu'Allâh, sans rien Lui associer, et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allâh". Puis, s'ils tournent le dos, dites: "Soyez témoins que nous, nous sommes soumis".

    Puis il ordonna qu'on lui apporte la lettre de l'Envoyé d'Allah (saws) et il la lut: "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, l'Envoyé d'Allah à Héraclius le chef des Romains. Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite, je t'appelle à l'islam. Convertis-toi à l'islam, tu trouveras le salut et Allah te donnera une double récompense, mais si tu te détournes (de l'islam), tu seras chargé des péchés de ceux qui, de ton peuple, te suivront: {O gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous: que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. Puis s'ils détournent le dos, dites: 'Soyez témoins que nous, nous sommes soumis.} Le transmetteur (lui-même Abou Sufyân) ajoute: Lorsque Héraclius finit la lecture de la lettre, des voix s'élevèrent et un grand tumulte se produit dans son entourage et on nous fit sortir. Je dis alors à mes compagnons quand nous fûmes dehors: "L'affaire d'Ibn Abou Kabcha (désignant ironiquement le Prophète) a pris de l'importance puisque le roi des Banû Al-'Asfar (les Romains) le redoute". Et je ne cessai d'être convaincu que l'affaire de l'Envoyé d'Allah (saws) aille l'emporter jusqu'à ce qu'Allah me fit embrasser l'Islam. (Mouslim n°3322)

92. Vous n'atteindriez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez. Tout ce dont vous faites largesses, Allâh le sait certainement bien.

    Anas ibn Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: "Abou Talha était le plus riche de tous les Ansâr de Médine. De tous ses biens, celui auquel il tenait le plus était une palmeraie (Bayrahâ) qui se trouvait en face de la mosquée. L'Envoyé d'Allah (saws) y pénétrait souvent pour boire de son eau douce. Anas, ajoute: A la révélation du verset suivant: {Vous n'atteindrez la (vraie) piété que si vous faites largesses de ce que vous chérissez.} Abou Talha alla trouver l'Envoyé d'Allah (saws) et lui dit: "O Envoyé d'Allah, Allah a dit dans le Coran: {Vous n'atteindrez la (vraie) pitié que si vous faites largesses de ce que vous chérissez.} Or, de tous mes biens, celui auquel je tiens le plus c'est Bayrahâ; j'en fais aumône pour la face d'Allah; espérant qu'elle me sera comptée comme bonne œuvre et ajoutée à mon compte auprès de Lui. O Envoyé d'Allah, dispose-toi de cette palmeraie comme bon te semble".
    - "Comme c'est merveilleux!, répondit l'Envoyé d'Allah (saws), c'est un bien fructueux! C'est un bien fructueux! J'ai bien entendu ce que tu avais dit, mais je te suggère d'en faire aumône au profit de tes proches".
    Et Abou Talha de la partager entre ses proches parents et ses cousins paternels. (Mouslim n°1664)

106. Au jour où certains visages s'éclaireront, et que d'autres s'assombriront. A ceux dont les visages seront assombris (il sera dit): "avez-vous mécru après avoir eu la foi?" Eh bien, goûtez au châtiment, pour avoir renié la foi.

    'Abdullah Ibn 'Abbas (رضي الله عنهما) dit à propos de l'explication du verset suivant : {Le jour où des visages blanchiront et d'autres noirciront.} (3/106): "Ce sont les visages des [AHl as-Sounna] qui blanchiront et ce sont ceux des partisans de l'innovation et de la division qui noirciront". (Tafsîr Ibn Kathir)

122. Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir! Alors qu'Allâh est leur allié à tous deux! Car, c'est en Allâh que les croyants doivent placer leur confiance.

    Jâbir ibn 'Abd-Allah (qu'Allah soit satisfait des deux) a dit: C'est à notre sujet ainsi qu'aux Banû Salima et aux Banû Hâritha, que ce verset fut révélé: {Quand deux de vos groupes songèrent à fléchir! Alors qu'Allah est leur allié, à tous deux!} Nous aurons bien aimé qu'il ne fût pas révélé, à cause des paroles d'Allah, que Son nom soit exalté et loué: Alors qu'Allah est leur allié à tous deux!. (Mouslim n°4560)

128. Tu n'as (Mouhammad) aucune part dans l'ordre (divin) - qu'Il (Allâh) accepte leur repentir (en embrassant l'Islam) ou qu'Il les châtie, car ils sont bien des injustes.

    Abou Hourayra (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: Lors de la prière de fajr (de l'aurore), l'Envoyé d'Allah (saws) avait l'habitude de dire, après la récitation du Coran et la prononciation du takbîr et en relevant sa tête de l'inclination: "Allah écoute celui qui Le loue. Seigneur! à Toi la louange". Puis, étant toujours debout, il disait: "Seigneur! Délivre Al-Walîd ibn Al-Walîd, Salama ibn Hichâm, 'Ayyâch ibn 'Abî Rabî'a et tous les faibles d'entre les Croyants (ceux-ci étaient emprisonnés chez les polythéistes). Seigneur! Accable de Ta colère la tribu de Mudar (hostile aux musulmans) et fais que ses années soient comme celles de Yûsuf (Joseph) (années de détresse). Seigneur! Maudit Lihyân, Ri'l, Dhakwân et 'Usayya qui s'étaient montrés rebelles à Allah et à Son Messager".
    - Plus tard, ajoute le transmetteur, nous sûmes que le Prophète abandonna cette habitude à la révélation de ce verset: {Tu n'as (Muhammad) aucune part dans l'ordre (divin) - qu'Il (Allah) accepte leur repentir (en embrassant l'Islam) ou qu'Il les châtie, car ils sont bien des injustes}. (Mouslim n°1082)

144. Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés - S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos talons? Quiconque retourne sur ses talons ne nuira en rien à Allâh; et Allâh récompensera bientôt les reconnaissants.

    La récitation de ce verset par Mous'ab Ibn 'Omayr (ÑÖí Çááå Úäå) pendant la bataille d'Ouhoud

    Ibrahim ibn Mouhammad Bin Charhabil Al'Abadan d'après son père nous a raconté que Mous'ab ibn 'Oumayr porta le drapeau le jour de Ouhoud. Lorsque les musulmans s'éparpillèrent, Mous'ab, lui, résista. Alors Ibn Koumaïa qui était cavalier lui coupa la main droite et Mous'ab s'écria alors: {Mouhammad n'est qu'un Envoyé, des Prophètes ont vécu avant lui}. Il prit le drapeau de sa main gauche, qui fut également coupée. Il tint alors le drapeau avec ses bras contre sa poitrine en répétant les mêmes propos. Puis il lui asséna le troisième coup avec la lance et Mous'ab tomba avec le drapeau". (Ibn Sa'd)

    La récitation de ce verset par Abou Bakr (ÑÖí Çááå Úäå) après la mort du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

    'Orwa Ibn Zoubayr, qu'Allah les agrée, rapporte: Abou Bakr (ra) revint alors du Sonh sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha (ra) et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager d'Allah (saws) était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager d'Allah et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant. Il dit: "Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager d'Allah (saws) est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde d'Allah sur toi, Ô Messager d'Allah! Tu es si bon, vivant et mort". Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (ra) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
    Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit: "Allah puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allah puissant et glorieux. Allah élevé a dit: {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allah récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).
    -Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
    - Et Allah élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui: {En vérité tu mourras et ils mourront aussi} (39/30). Allah élevé dit aussi: {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse} (55/26-27). Il dit encore: {Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution} (3/185). Allah a fait vivre Mouhammad et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion d'Allah. Mouhammad (saws) a fait triompher la volonté d'Allah, il a transmis la religion d'Allah et a combattu pour la cause d'Allah, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Allah, Allah est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Allah! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion d'Allah est inébranlable et la parole d'Allah est complète. Allah aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion. Le livre d'Allah est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Allah a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Allah! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!". Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager d'Allah, prière et paix sur lui.

172. Ceux qui, quoiqu'atteints de blessure, répondirent à l'appel d'Allâh et du Messager, il y aura une énorme récompense pour ceux d'entre eux qui ont agi en bien et pratiqué la piété.

    D'après 'Urwa ibn Az-Zubayr, 'Aïcha m'a dit: "Tes parents, par Dieu, furent de Ceux qui, quoiqu'atteints de blessure, répondirent à l'appel d'Allah et du Messager". (Mouslim n°4440)

187. Allâh prit, de ceux auxquels le Livre était donné, cet engagement: "Exposez-le, certes, aux gens et ne le cachez pas". Mais ils l'ont jeté derrière leur dos et l'ont vendu à vil prix. Quel mauvais commerce ils ont fait!

    D'après Humayd ibn 'Abd-Ar-Rahman ibn 'Awf, Marwân dit à son portier: "O Râfi' va trouver Ibn 'Abbâs et dis-lui: Si chaque homme se réjouissant de ce qu'il a reçu et voulant être loué pour ce qu'il n'a pas fait devait être châtié, nous serions tous châtiés".
    Ibn 'Abbâs répondit: "Vous n'avez pas à vous préoccuper de ce verset qui était révélé aux gens du Livre".
    Puis, Ibn 'Abbâs récita ce verset: {Allah prit, de ceux auxquels le Livre était donné, cet engagement: "Exposez-le, certes, aux gens et ne le cachez pas"}. Ibn Abbâs récita ensuite: {Ne pense point que ceux-là qui exultent de ce qu'ils ont fait et qui aiment qu'on les loue pour ce qu'ils n'ont pas fait.} Voici seulement à quoi cela se rapporte, ajouta Ibn 'Abbâs: "Le Prophète (saws) avait interrogé les juifs sur une chose. Mais, ils lui en cachèrent la réponse et lui parlèrent d'autre chose. Ils lui manifestèrent ensuite qu'ils lui avaient donné la réponse à sa question et qu'ils méritaient d'être loués pour le renseignement qu'ils lui avaient donné et furent tout joyeux de ce qu'ils avaient fait en lui cachant la solution demandée". (Mouslim n°4982)

188. Ne pense point que ceux-là qui exultent de ce qu'ils ont fait, et qui aiment qu'on les loue pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne pense point donc, qu'ils trouvent une échappatoire au châtiment. Pour eux, il y aura un châtiment douloureux!

    D'après Abou Sa'îd Al-Khudrî (qu'Allah soit satisfait de lui), Du vivant de l'Envoyé d'Allah (saws), quand il (saws) partait en expédition, certains hommes, parmi les hypocrites, ne le suivaient point et se réjouissaient de rester chez eux en désobéissant à l'Envoyé d'Allah (saws). Lorsque l'Envoyé d'Allah (saws) était de retour, ils s'excusaient auprès de lui, lui faisaient des protestations de fidélité, voulant être loués de ce qu'ils n'avaient pas fait. C'est à cause d'eux que fut révélé ce verset: {Ne pense point que ceux-là qui exultent de ce qu'ils ont fait et qui aiment qu'on les loue pour ce qu'ils n'ont pas fait, ne pense point donc, qu'ils trouvent une échappatoire au châtiment...} (Mouslim n°4981)

 

Exégèse de la sourate 4: Les femmes


1. Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci sont épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement.

    Ce verset était souvent cité comme introduction à un discours

    Jabir Ibn 'Abdullah a dit: « Nous étions au beau milieu de la journée chez le Messager de Dieu quand vinrent à lui des gens n'ayant pour vêtements qu'une couverture de laine ayant un trou par où passait leur tête. Ils portaient des sabres en bandoulière et la plupart d'entre eux, ou plutôt tous, étaient de la tribu de Moudar. Le mécontentement parut alors sur le visage du Messager de Dieu du fait de leur pauvreté extrême. Il entra chez lui puis en ressortit et dit à Bilal de faire les deux appels à la prière. Il pria avec les gens puis leur adressa ce sermon: {O gens! Craignez votre Seigneur qui vous a créés à partir d'un seul et même souffle vital. Il lui en crée sa propre épouse et Il dissémina à partir d'eux des hommes en grand nombre et des femmes ainsi que les matrices (les liens de parenté) car Dieu vous observe en permanence} (4/1). (Mouslim, An-Nassaî, Ad-darimi et d'autres)

3. Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,...Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela afin de ne pas faire d'injustice (ou afin de ne pas aggraver votre charge de famille).

    D'après 'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), 'Urwa ibn Az-Zubayr transmet qu'ayant interrogé 'Aïcha au sujet de ce verset: {Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois, quatre, parmi les femmes qui vous plaisent...} elle dit: "O fils de ma sœur, il s'agit du tuteur qui a la garde d'une orpheline et qui peut convoiter sa fortune et sa beauté et vouloir l'épouser, en lui assignant une dot inférieure à celle qui est de règle pour ses pareilles et qu'un autre pourrait lui assigner. Allah a donc interdit aux tuteurs d'épouser les orphelines dont ils ont la garde, à moins qu'ils ne soient équitables envers elles en leur assignant une dot complète; sinon ils peuvent épouser n'importe qu'elle autre parmi les femmes qui leur plaisent".
    'Urwa ajouta que 'Aïcha avait dit que certains fidèles ayant demandé des éclaircissements au sujet de ce verset à l'Envoyé d'Allah (saws), Allah révéla le verset suivant: {Et ils te consultent à propos de ce qui a été décrété au sujet des femmes. Dis: Allah vous donne Son décret là-dessus, en plus de ce qui vous est récité dans le Livre, au sujet des orphelines auxquelles vous ne donnez pas ce qui leur a été prescrit et que vous désirez épouser...}
    'Aïcha poursuivit: "Ce qu'Allah désigne par ce qui vous est récité dans le Livre est le verset où Il dit: {Et si vous craignez de n'être pas justes envers les orphelins,... Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent... "Quant à ce verset, reprit 'Aïcha: {Et que vous désirez épouser} il s'applique à la répugnance que vous éprouvez pour la pupille orpheline lorsqu'elle a peu de fortune et peu de beauté. Aussi, Allah a-t-Il défendu de rechercher en mariage les pupilles quand elles sont riches et belles, à moins de se montrer équitable envers elles, parce que ce désir ne se manifeste pas quand les pupilles ont peu de fortune et peu de beauté". (Mouslim n°5335)

6. Et éprouvez (la capacité) des orphelins jusqu'à ce qu'ils atteignent (l'aptitude) au mariage; et si vous ressentez en eux une bonne conduite, remettez-leur leurs biens. Ne les utilisez pas (dans votre intérêt) avec gaspillage et dissipation, avant qu'ils ne grandissent. Quiconque est aisé devrait s'abstenir de se payer lui-même de cet héritage qui lui est confié. S'il est pauvre, alors qu'il y puise une quantité convenable, à titre de rémunération de tuteur.) est aisé, qu'il s'abstienne d'en prendre lui-même. S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement: et lorsque vous leur remettez leurs biens, prenez des témoins à leur encontre. Mais Allah suffit pour observer et compter.

    D'après 'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), Pour ce qui est de ces mots d'Allah, l'Exalté: {S'il est pauvre, alors qu'il en utilise raisonnablement} ont été révélés au sujet du tuteur chargé de prendre soin des biens de l'orphelin, quand il est pauvre, il peut prélever avec discrétion de quoi se nourrir (à condition qu'il en ait besoin) en raison des services qu'il rend (à l'orphelin). (Mouslim n°5339)

34. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand.

    Lorsque Ibn 'Abbâs (رضي الله عنهما) fut interrogé sur le sens de "frapper", il répondit: "Avec le siwâk (petit bâton de la taille d'un stylo) et ce qui est du même genre".

    'Atâ (ÑÍãå Çááå) affirme: "Qu'il ne la frappe pas, même s'il lui donne un ordre et elle ne lui obéit pas!". Ibn Al 'Arabi (ÑÍãå Çááå) commente en disant: "Cela provient de la compréhension bien profonde de 'Atâ !"

    Ach-châfi'î (ÑÍãå Çááå) dit: "Le fait de frapper est, dans ce cas extrême, autorisé mais le fait de ne pas la toucher est la meilleure solution". (Al Umm)

    As-Sâboûni (ÑÍãå Çááå) affirme l'accord entre les savants sur le fait que ne pas frapper dans ce cas est la meilleure solution et le meilleur exemple. (Ahkâmu al Qourân)

41. Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te (Mouhammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci?

    D'après 'Abd-Allah ibn Mas'ûd (ÑÖí Çááå Úäå), l'Envoyé d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) m'a dit: "Récite-moi du Coran".
    - "O Prophète d'Allah, comment te récite-je le Coran, alors que c'est à toi qu'il fut révélé?".
    - "Je désire l'entendre d'un autre que moi", reprit le Prophète.
    Je me mis alors à réciter la sourate An-Nisâ'. Arrivé à ce verset: {Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te (Muhammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci?} je levai ma tête - ou un homme assis à mes côtés attira mon attention - et je vis les larmes du Prophète coulèrent. (Mouslim n°1332)

    Oubayd Ibn 'Oumayr raconta qu'un jour il récitait les versets suivants à 'Abdoullâh Ibn 'Omar : {Comment seront-ils quand Nous ferons venir de chaque communauté un témoin et que Nous te (Muhammad) ferons venir comme témoin contre ces gens-ci ? Ce jour-là, ceux qui n'ont pas cru et ont désobéi au Messager, préféreraient que la terre fût nivelée sur eux et ils ne sauront cacher à Allah aucune parole.} (4/41-42). 'Abdoullâh cria tant et tant que sa barbe ruissela de larmes.

43. Ô les croyants! N'approchez pas de la Salat alors que vous êtes ivres, jusqu'à ce que vous compreniez ce que vous dites, et aussi quand vous êtes en état d'impureté [pollués] - à moins que vous ne soyez en voyage - jusqu'à ce que vous ayez pris un bain rituel. Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à une terre pure, et passez-vous-en sur vos visages et sur vos mains. Allah, en vérité est Indulgent et Pardonneur.

    'Âicha (ra) a dit: Nous étions partis avec l'Envoyé d'Allâh (pbAsl) pour une de ses expéditions quand, arrivés à Al-Baydâ' - ou à Dhât Al-Jaych, mon collier se coupa et tomba à mon insu. Le Prophète fit halte pour le rechercher et tout le monde s'arrêta également. Il se trouvait que nous n'étions pas auprès d'un point d'eau et que nous étions en défaut d'eau. Ensuite, les fidèles allèrent trouver abou Bakr et lui dirent: "Ne vois-tu pas ce qu'a fait 'Âicha; elle a obligé l'Envoyé d'Allâh (pbAsl) et ses Compagnons à s'arrêter bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en aient pas apporté avec eux". abou Bakr vint alors me trouver alors que l'Envoyé d'Allâh (pbAsl), la tête posée sur ma cuisse, s'était endormi. - "Tu as retenu, me dit-il, l'Envoyé d'Allâh (pbAsl) et tout le monde bien qu'ils ne soient pas sur un point d'eau et qu'ils n'en aient pas apporté avec eux". Et abou Bakr de continuer à me gronder et de m'adresser tous les reproches qu'il plût à Allâh de lui laisser dire, et de me donner des coups de main à la taille. Il ne m'empêcha de bouger que (la peur de déranger) l'Envoyé d'Allah (pbAsl) qui dormait sur ma cuisse. L'Envoyé d'Allah (pbAsl) se leva le lendemain matin et, comme on était sans eau, Allâh révéla le verset concernant les ablutions à sec et on les fit.
    - "O famille de Abou Bakr, s'écria 'Usayd Ibn Al-Hudayr, un des nobles, ce n'est pas la première de vos bénédictions!". Alors, ajouta 'Âicha, quand nous fîmes lever le chameau qui me servait de monture, nous trouvâmes le collier sous l'animal". (Mouslim n°550)

48. Certes Allah ne pardonne pas qu'on Lui donne quelqu'associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu'associé commet un énorme péché.

    Ibn 'Abbâs, qu'Allah les agrée, rapporte: le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) convoqua Wahchi Ibn Harb qui avait tué Hamza (ÑÖí Çááå Úäå) pour l'inviter à l'Islam. Wahchi envoya lui dire: "Ô Mouhammad! Comment m'invites-tu alors que tu prétends que celui qui a tué, associé ou commis l'adultère trouvera un châtiment; la souffrance lui sera doublée le jour de la résurrection et il y sera éternel et humilié? Et moi, j'ai commis tout cela. Me trouves-tu une exception?" Allah révéla alors: {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est pardonneur et miséricordieux} (25/70).
    Wahchi fit la remarque: "Ô Mouhammad! C'est une condition très dure: {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne action}. Il se peut que je ne puisse faire cela".
    Allah descendit alors: {Certes, Allah ne pardonne pas qu'on lui donne quelqu'associé. À part cela, il pardonne à qui il veut} (4/48).
    Wahchi objecta encore: "Ô Mouhammad! D'après ce que je vois, ceci dépend de la volonté d'Allah, et je ne sais pas s'il me pardonnera ou non. Y a-t-il autre chose?"
    Allah révéla enfin: {Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah, car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux} (39/53).
    Wahchi déclara: "Là, d'accord", et il embrassa l'Islam. Des musulmans demandèrent: "Ô Messager d'Allah! Nous avons commis les mêmes choses que Wahchi?".
    Il répondit: "Ce verset est pour tous les musulmans".

59. Ô les croyants! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement. Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-là à Allah et au Messager, si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux et de meilleur interprétation (et aboutissement).

    D'après Ibn 'Abbâs (qu'Allah soit satisfait des deux), ce verset: {O les Croyants! obéissez à Allah et obéissez au Messager et à ceux d'entre vous qui détiennent le commandement...} fut révélé lorsque le Prophète (saws) envoya 'Abd-Allah ibn Hudhâfa ibn Qays ibn 'Adî As-Sahmî, à la tête d'un détachement. (Mouslim n°3416)

65. Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu'ils se soumettent complètement [à ta sentence].

    D'après 'Abd-Allah ibn Az-Zubayr (qu'Allah soit satisfait de lui), un homme des Ansâr plaida devant le Prophète (saws) contre Az-Zubayr au sujet des canaux de "Harra" qui servaient à l'irrigation des palmiers. L'homme des Ansâr demanda qu' Az-Zubayr laissât l'eau couler pour en toucher une part, mais celui-ci refusa. Quand on porta le procès devant l'Envoyé d'Allah (saws), il s'adressa à Az-Zubayr en ces termes: "Arrose, ô Zubayr, puis laisse couler l'eau chez ton voisin". Alors, plein de colère, l'homme des Ansâr s'écria: "Est-ce parce qu'il est le fils de ta tante paternelle?".
    A ces mots, le visage de l'Envoyé d'Allah (saws) rougit de colère: "Arrose (tes arbres), ô Zubayr, reprit-il, puis garde l'eau jusqu'à ce qu'elle s'en retourne aux racines (de façon à ce qu'elle ne passe pas par le terrain du voisin)".
    Et Az-Zubayr dit alors: "Par Dieu! Je crois que c'est à ce sujet que le verset suivant fut révélé: {Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront Croyants aussi longtemps qu'ils ne t'auront demandé de juger de leurs disputes et qu'ils n'auront éprouvé nulle angoisse...} (Mouslim n°4347)

66. Si Nous leur avions prescrit ceci: ‹Tuez-vous vous- mêmes›, ou ‹Sortez de vos demeures›, ils ne l'auraient pas fait, sauf un petit nombre d'entre eux. S'ils avaient fait ce à quoi on les exhortait, cela aurait été certainement meilleur pour eux, et (leur foi) aurait été plus affermie.

    Ibn Abi Hatim a dit avec sa chaîne de transmission jusqu'à Chouhaïb Ibn Roubayd a dit : « Quand le prophète Mohamed (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) a montré AbdAllah Ibn Rouwahara du doigt et a dit : "Si Allah avait ordonné cela, celui là va être parmi le peu parmi de ceux qui vont appliqué"

83. Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S'ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d'entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris la vérité (de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement)...

    'Omar ibn Al-Khattâb (رضي الله عنه) a dit: "Lorsque le Prophète eut décidé de se priver de ses femmes pour quelque temps, j'entrai à la mosquée et trouvai les gens tout pensifs et inquiets (les yeux fixés par terre en frappant le sol de coups de pierres). Ils disaient : "L'Envoyé d'Allah a répudié ses femmes !" Ceci se passait avant la révélation du verset imposant le port du voile. Je me dis alors: "Je dois absolument savoir aujourd'hui la raison de cela".
    'Omar poursuivit : J'entrai chez 'Âicha et lui dis : "O fille de Abou Bakr ! Oses-tu nuire à l'Envoyé d'Allah ?"
    Elle répondit : "Pourquoi te mêles-tu de mes affaires, ô Ibn Al-Khattâb ? Occupe-toi plutôt de ta fille (Hafsa) ! (également épouse du Prophète)"
    Je me rendis chez Hafsa bint 'Omar et lui dis : "O Hafsa ! Comment oses-tu nuire à l'Envoyé d'Allah ? Par Dieu, je sais que le Prophète ne t'aime pas et sans moi, il t'aurait répudiée".
    Et Hafsa de se mettre à pleurer. Je lui demandai : "Où est l'Envoyé d'Allah (صلى الله عليه و سلم) ?"
    - "Il est dans son belvédère".
    Je me rendis chez lui et trouvai Rabâh, le domestique de l'Envoyé d'Allah (صلى الله عليه و سلم) assis sur le seuil du belvédère, pendant ses pieds sur un tronc d'arbre creux dont l'Envoyé d'Allah se sert pour accéder ou descendre de son belvédère. Je l'appelai: "O Rabâh ! Demande pour moi l'autorisation d'entrer chez l'Envoyé d'Allah !"
    Le serviteur regarda tantôt vers moi tantôt vers le belvédère sans dire un mot. Je réitérai ma demande "O Rabâh ! Demande pour moi l'autorisation d'entrer chez l'Envoyé d'Allah !" et comme je ne reçus aucune réponse, je m'écriai pour la troisième fois : "O Rabâh ! Demande pour moi l'autorisation d'entrer chez l'Envoyé d'Allah, je crois que le Prophète pense que je suis venu pour lui parler au sujet de Hafsa. Par Allah, s'il m'ordonne de couper le cou à Hafsa, je le ferais". Je haussai la voix, et alors il me fit signe de monter. J'entrai chez l'Envoyé d'Allah et le trouvai étendu sur une natte. Je m'assis et lui de se couvrir de son pagne qu'il portait seulement. Je vis alors les traces de la natte dessinées sur son flanc. Je regardai dans la chambre de l'Envoyé d'Allah et ne trouvai qu'une poignée d'orge et une autre d'acacia blond (servant au tannage), ainsi qu'une peau suspendue qui n'a pas encore été tannée. A cette scène, je ne puis pas retenir mes larmes.
    "Pourquoi pleures-tu, ô Ibn Al-Khattâb ?", demanda le Prophète.
    Je répondis : "O Prophète d'Allah ! Et comment ne pas pleurer en voyant les traces qu'a laissée la natte sur ton flanc et ce belvédère qui ne contient presque rien. Comment ne pas pleurer en comparant ta situation - toi l'Envoyé d'Allah et Son élite, dans ta petite chambre - à celle de César ou Chosroes qui jouissent des fruits et des ruisseaux ?"
    - "O Ibn Al-Khattâb, répliqua le Prophète, ne consens-tu pas que nous aurons la vie future et qu'ils ont ce bas monde ?"
    - "Si," dis-je. Lorsque je pénétrai chez lui, poursuivit 'Omar, je pus remarquer les signes du mécontentement sur son visage et je lui dis : "O Envoyé d'Allah ! Pourquoi éprouves-tu trop de peine au sujet des femmes ? Si tu les avais répudiées, Allah est avec toi ainsi que Ses Anges, Gabriel, Mikâ'îl, ainsi que moi, Abou Bakr et tous les Croyants". Jamais auparavant - Dieu merci - je n'ai eu, en parlant, un tel désir de recevoir une confirmation divine pour mes propos. Plus tard, le verset du libre arbitrage fut révélé: {S'il vous répudie, il se peut que son Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous...} et {Mais si vous vous soutenez l'une l'autre ('Âicha et Hafsa) contre le Prophète, alors ses alliés seront Allah, Gabriel et les vertueux d'entre les Croyants et les Anges sont par surcroît (son) soutien} (66/4-5). 'Âicha bint Abou Bakr et Hafsa soutenaient l'une l'autre contre les autres épouses du Prophète . Je lui dis : "O Envoyé d'Allah ! Les as-tu répudiées ?"
    - "Non", me répondit-il.
    "O Envoyé d'Allah, poursuivis-je, je suis entré dans la mosquée et j'ai trouvé les musulmans anxieux, pensifs, disant : 'L'Envoyé d'Allah a répudié ses femmes !". Puis-je descendre leur annoncer que tu ne les as pas répudiées ?".
    Il me répondit : "Oui, si tu veux". Je ne cessai de m'entretenir avec lui jusqu'à ce que j'ai vu disparaître les traces de la colère de son visage, il a même souri et ri. L'Envoyé d'Allah avait la plus belle bouche. Puis, le Prophète descendit et je descendis à mon tour, en me collant au tronc, tandis que lui, il descendit si aisément sans le toucher comme s'il marchait sur la terre. Je lui dis : "O Envoyé d'Allah ! Mais tu n'avais passé que vingt-neuf jours dans ton belvédère !" (le Prophète avait décidé de se retirer pour un mois)
    Il répondit : "Le mois parfois est de vingt-neuf jours !"
    Alors, je me tins sur la porte de la mosquée et je m'écriai à voix haute : "L'Envoyé d'Allah n'a pas répudié ses femmes !" A cette occasion, Allah révéla ce verset : {Quand leur parvient une nouvelle rassurante ou alarmante, ils la diffusent. S'ils la rapportaient au Messager et aux détenteurs du commandement parmi eux, ceux d'entre eux qui cherchent à être éclairés, auraient appris la vérité (de la bouche du Prophète et des détenteurs du commandement)...} (4/83)
    Dans cette affaire, poursuivit 'Omar, j'étais celui qui eut appris la vérité (parmi ceux qui cherchent à être éclairés) et Allah a révélé le verset du libre arbitrage. (Mouslim n°2704)

88. Qu'avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites ? Alors qu'Allah les a refoulés (dans leur infidélité) pour ce qu'ils ont acquis. Voulez- vous guider ceux qu'Allah égare? Et quiconque Allah égare, tu ne lui trouveras pas de chemin (pour le ramener).

    Zayd ibn Thâbit (qu'Allah soit satisfait de lui) a dit: Lorsque le Prophète (saws) se mit en route pour Ouhoud, quelques-uns de ceux qui étaient partis avec lui l'abandonnèrent. Les Compagnons du Prophète (saws) furent alors partagés en deux camps: les uns d'entre eux dirent: "Il faut tuer ces hypocrites". Les autres, par contre, rejetèrent cet avis. C'est à cette occasion que fut révélé ce verset: {Qu'avez-vous à vous diviser en deux factions au sujet des hypocrites?...} (Mouslim n°4980)

93. Quiconque tue intentionnellement un croyant, Sa rétribution alors sera l'Enfer, pour y demeurer éternellement. Allah l'a frappé de Sa colère, l'a maudit et lui a préparé un énorme châtiment.

    D'après Sa'îd ibn Jubayr, les gens de Kûfa n'étant pas d'accord sur le sens de ce verset: {Quiconque tue intentionnellement un Croyant, sa rétribution alors sera l'Enfer..}, je me rendis auprès d'Ibn 'Abbâs pour le consulter à ce sujet et il me répondit: "C'est un des derniers versets révélés et rien ne l'a abrogé". (Mouslim n°5345)

94. Ô les croyants! Lorsque vous sortez pour lutter dans le sentier d'Allah, voyez bien clair (ne vous hâtez pas) et ne dites pas à quiconque vous adresse le salut (de l'Islam): "Tu n'es pas croyant", convoitant les biens de la vie d'ici-bas. Or c'est auprès d'Allah qu'il y a beaucoup de butin. C'est ainsi que vous étiez auparavant; puis Allah vous a accordé Sa grâce. Voyez donc bien clair. Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.