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Historique du projet de grande mosquée de Cahors

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La Dépêche du Midi
Article paru le 24/01/2002

CAHORS (46) : DANS LA DISCRÉTION, TOURNANT LE DOS À L'INTÉGRISME, LA PRATIQUE DE LA RELIGION MUSULMANE RESTE VIVACE

L'islam tranquille des musulmans cadurciens

«J'ai une force derrière moi qui me suit ». Il a des diplômes, un métier, une femme et un enfant. Ses parents sont nés de l'autre côté de la Méditerranée.

« Je suis né en France, je suis un citoyen et je vote ».

Ce jeune père de famille, parfaitement intégré, reste fidèle à l'islam. La religion me dit que je dois être bon, ne pas voler, payer mes dettes ». Il n'emploi pas le mot tolérance mais parle de « respect des autres et de soi-même ». « Chacun prie à sa façon ». Il a davantage de mal à imaginer que l'on puisse ne pas ressentir du tout le besoin de prier, de ne professer aucune foi sinon en l'homme: « Nous devons chercher à convaincre », avance-t-il comme parade.

Par rapport aux jeunes de sa cité, il déplore leur abandon de l'islam: « Ils n'ont plus ces principes. Ils me disent: "Je suis musulman". Je leur dis: "Non! " On ne se tape pas de la bière pendant le ramadan. Quand ils ont su que je faisais ma prière à la mosquée, le vendredi, ils sont venus. Moi, si je n'ai pas été touché par la délinquance, c'est grâce à la prière ».

La prière chez soi comme bon nombre de ses coreligionnaires. Du point de vue de notre témoin, les habitués de la mosquée ne sont guère plus d'une vingtaine, dont un grand nombre de personnes âgées. « On doit prier cinq fois par jour mais attention, on peut cumuler. La religion ne doit jamais gêner les autres ». Même réponse en ce qui concerne le ramadan: « Oui, on peut le faire tout en travaillant, si on a la volonté ».

L'INTEGRISME EST BIEN PASSE PAR CAHORS

Le Jihad, la guerre sainte? « On ne résoud pas les problèmes par la guerre ». Les graffitis pro Ben Laden? « Les jeunes s'en servent pour exprimer leur colère, pour faire peur. Et puis, si les Etats-Unis n'avaient pas donné d'armes à Ben Laden... » L'intégrisme? Selon notre interlocuteur, il est bien passé par Cahors, tout récemment, mais la greffe n'a pas pris. « Ils sont venus, après le 1er janvier, d'Agen, de Toulouse, de la région parisienne. Ici, les gens leur ont fermé la porte. C'est du bourrage de crâne. C'est comme les sectes. Il y a de l'argent derrière tout ça. A mon avis, c'est ça ».

Ce discours rassurant suffira-t-il à dissiper les craintes? « En ce qui concerne le travail, depuis le 11 septembre, les portes se sont vite fermées ». Les ferments de division sont partout: « Regardez à la télé, toute cette haine. Ça n'arrête pas. C'est toujours le malheur qui est mis en avant ».

De toute façon, notre témoin se raccroche à sa croyance: « Un jour, j'irai à La Mecque, comme mon père ». Dans les cités, les lois de la République laïque peinent parfois à s'imposer. Pendant ce temps, la loi de l'islam accompagne encore la marche du Destin.

Christian CAZARD.

 


La Dépêche du Midi
Article paru le 18/10/2002

CAHORS (46) - UN NOUVEAU LIEU DE CULTE SE CONSTRUIT PLAINE DU PAL

Les musulmans sont en train de bâtir leur mosquée

Une petite équipe de fidèles appartenant à l'association des musulmans du Lot construit une mosquée dans le quartier de la plaine du Pal. Les anciens ont repris du service bénévolement, ils passent leurs journées sur le chantier. Des heures durant, ils manient le marteau, la pelle et la truelle, soulèvent des sacs de ciment et des parpaings, grimpent sur l'échelle et les échafaudages pour monter les murs du bâtiment qui leur servira de lieu de prière.

Le local qui n'est, encore qu'au stade du gros oeuvre s'élève au bord du Lot, à une encablure du pont Valentré, en lieu et place de garages désaffectés qui constituaient une verrue dans le paysage.

L'édifice cultuel fera fonction de mosquée au sens religieux du terme, même si les bâtisseurs parlent plus volontiers de salle de prière. Il faut dire que le local, dessiné par l'architecte pradinois Jean-Pierre Lacour, présente une ligne classique, voire banale afin de se fondre volontairement dans l'environnement.

Le projet a reçu le feu vert de l'architecte des Bâtiments de France après avoir essuyé un refus. La première mouture comportait une coupole, détail architectural incompatible avec la perspective dégagée depuis le pont médiéval. La coupole a été gommée dans la copie définitive et le seul détail pouvant à la rigueur rappeler une influence mauresque tient dans la porte d'entrée en ogive. « Mais, comme le précise Marc Vignères, directeur de l'urbanisme à la ville de Cahors, cet élément se retrouve aussi bien à la cathédrale que dans bon nombre d'églises de chez nous ».

HOMME, FEMME, DES SALLES DE PRIERE SEPAREES

Dans ce quartier comportant de l'habitat et de l'activité économique, le souci premier des services de la ville était lié à la question du stationnement. La réglementation conditionne l'édification de ce type de local à la création d'une aire de parking. L'association des musulmans a pu acheter le terrain situé juste de l'autre côté de la rue et c'est là que les fidèles qui fréquenteront la mosquée pourront garer leurs véhicules sans craindre d'embouteiller la rue du Périé.

Depuis le printemps dernier, date de l'ouverture du chantier, les travaux ont bien avancé. La physionomie générale du bâtiment se précise. Le rez-de-chaussée inutilisé, c'est à l'étage que la mosquée sera aménagée. Abderrahman Addouli, le président des musulmans du Lot livre un premier descriptif des lieux: « Dans cet espace de 300 m2, nous aménagerons une salle de prière pour les hommes et une autre pour les femmes. Entre les deux, on a prévu d'installer une salle d'étude et de lecture, une bibliothèque et un bureau ».

La vie cultuelle des 250 fidèles va singulièrement changer, les musulmans devant se contenter, aujourd'hui, d'un local aux dimensions beaucoup plus réduites en centre ville.

Le projet, tient à souligner le président Addouli, est autofinancé par les musulmans: « Chacun a mis de l'argent de côté afin de le consacrer à la construction d'une véritable salle de prière ».

La mosquée pourrait ouvrir fin 2003.

J-M. F.

 


France-Echos.com
Article paru le jeudi 22 septembre 2005

En route vers le Cadurkistan

 


La Dépêche du Midi
Article paru le 03/11/2005

CAHORS (46) - LE FAIT DU JOUR. LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE FÊTE LA FIN DE LA PÉRIODE DE JEÛNE DANS UN LIEU DE CULTE EXCEPTIONNELLEMENT OUVERT POUR L'OCCASION.

Mosquée : dérogation pour le Ramadan

D'un côté, les tours du pont Valentré. De l'autre, une porte majestueuse. Dans la plaine du Pal, les travaux de la mosquée avancent à grands pas, et les musulmans de Cahors et des environs ont obtenu une dérogation spéciale pour le mois de Ramadan. Celle-ci a été accordée conjointement par la mairie et les services de la préfecture, et cet aspect exceptionnel est particulièrement important pour la communauté musulmane.

« L'endroit où l'on pratique la prière est important, indique Hanid Echaoui. Il y a des degrès : la prière à la maison, c'est un degré, la prière à la mosquée, c'est vingt-sept degrés ». L'Imam Zouheir El Omary rappelle que l'ouverture officielle, apparemment imminente, n'est pas encore annoncée, mais cette dérogation à ce moment clef de la vie musulmane est un symbole pour la communauté. Son souhait n'est pas de démarquer le lieu de culte en tranchant avec le style alentour, mais bel et bien d'apporter une touche d'une beauté certes différente, mais qui ne dénature pas l'ensemble : « La porte de la mosquée a été sculptée à la main et ramenée du Maroc, indique-t-il fièrement. Son style rajoute à la beauté de la ville ». L'endroit n'a effectivement rien à voir avec le précédent lieu de culte des musulmans cadurciens, rue du Petit mot. Sur l'aspect de la porte d'entrée, pas de problème. La mairie et la préfecture rappellent toutefois qu'il reste à effectuer des travaux de mise en conformité sur les portes intérieures avant ouverture définitive. Le détail n'empêche pas le rassemblement pour la prière dans cette période exceptionnelle. Sur Cahors et alentour, on dénombre environ 200 familles musulmanes. Si toutes ne se rendent pas à la mosquée, l'Imam annonce qu'une centaine de personnes s'y sont déplacées pour les prières quotidiennes. Au moment les plus forts du Ramadan, on pouvait compter jusqu'à 90 % de la communauté musulmane de Cahors. Le mois de Ramadan fait partie des cinq piliers de l'Islam (lire encadré), d'où l'importance d'un lieu de rassemblement en cette période consacrée à la dévotion, à la réflexion et à la maîtrise de soi. Le Ramadan met l'accent sur l'aspect communautaire qui en fait un moment d'échange : par tradition, les musulmans partagent souvent l'iftar (le repas pris après le coucher du soleil) à la mosquée. Hier soir, à Cahors, la communauté musulmane a vu se lever dans ce qu'elle considère comme la maison de Dieu le croissant de lune annonçant la fin du Ramadan.

Christine Gouttenoire.

Le jeûne prend fin avec la lune

Le Ramadan est le neuvième mois du calendrier lunaire islamique. Pendant ce mois, le jeûne est obligatoire entre le lever et le coucher du soleil. En sont dispensées les personnes qui physiquement ne peuvent l'endurer, ou les femmes enceintes. Outre le jeûne, les musulmans doivent s'abstenir de boisson, de cigarettes et de rapports sexuels, et les femmes ne se maquillent pas. La pratique du jeûne pendant le mois de Ramadan est le troisième pilier de l'Islam. Le premier consiste à reconnaître qu'il n'y a de dieu que Dieu et Mohammed est son prophète ; le second est la prière ; le Ramadan est le troisième, intimement lié au quatrième : la pratique de la charité. L'Imam Zouheir El Omary insiste sur cette règle, dont la forme originale a été légèrement transformée pour une adéquation avec le mode de vie français. À l'origine, à la fin du Ramadan, chaque musulman devait donner à un pauvre l'équivalent d'un kilo de blé ou d'un repas. En France, les musulmans doivent donner cinq euros. Cette aumône s'appelle la zakat. Après la zakat et les prières de la fin du Ramadan, c'est la fête de la fin du jeûne, appelée Aïd-al-Fitr. La fin du Ramadan est officielle dès l'apparition du quartier de lune et peut donc différer selon les pays, voire les villes.

 


La Dépêche du Midi
Article paru le 03/10/2006

CAHORS (46) - RELIGION. LES MUSULMANS PEUVENT PROFITER DE LEUR LIEU DE CULTE.

La mosquée ouverte aux fidèles

Située au bord du Lot, sur la plaine du Pal, la mosquée de Cahors avait bénéficié l'année dernière d'une dérogation particulière pour la période du ramadan. Le bâtiment, en chantier, devait, comme l'exige la législation en vigueur, respecter scrupuleusement certaines normes de sécurité. C'est l'obligation de ce type de structure susceptible d'accueillir une foule nombreuse.

En toute discrétion, le lieu de culte est finalement ouvert depuis la fin du mois de juin, ainsi que l'indique Akim Madane, président de l'association des musulmans du Lot. Une étape est donc franchie. Cependant, la satisfaction d'un véritable lieu de culte à disposition s'assombrit d'un bémol : la mosquée n'a pas d'imam, et la gestion de la prière est pour l'instant laissée aux soins des responsables de l'association. En période de ramadan, la mosquée est susceptible d'accueillir entre 150 et 205 familles musulmanes issues de l'ensemble des communes du département. Akim Madane, Marocain lui aussi, s'est réjoui de la venue d'artistes de son pays d'origine à l'occasion du festival des Visages francophones qui s'est déroulé à Cahors durant cette période si particulière de la vie musulmane.

Ch.G.

 


La Dépêche du Midi
Article paru le 03/05/2007

La mosquée ouverte sans imam

Les travaux de la mosquée touchent à leur fin. Ouverte au culte,elle pourrait être inaugurée après l'été. Les musulmans de la capitale lotoise n'attendent plus que la nomination d'un imam.Hakim Madane, qui fait office d'imam, explique : «Nous ne disposons pas d'imam et il sera difficile, sans soutien financier, d'en avoir un auprès de nous. La mosquée vit grâce aux dons des fidèles. Le salaire d'un imam serait aussi à notre charge, or notre budget ne nous le permet pas.»

 


La Dépêche du Midi
Article paru le 03/05/2007

CAHORS (46) - LE FAIT DU JOUR. CE LIEU DE CULTE PEAUFINE SES FINITIONS POUR UNE INAUGURATION PRÉVUE APRÈS L'ÉTÉ.

Mosquée : il ne lui manque qu'un Imam

Autrefois installée dans la toute petite rue du « Petit mot », le lieu de prière réservé aux musulmans a pris une nouvelle dimension matérielle et spirituelle en déménageant dans la plaine du Pal, au cœur d'une véritable mosquée.

Celle-ci, dotée d'une porte majestueuse sculptée par des artistes marocains, fascine autant qu'elle intrigue. Le chantier de la mosquée, dont le gros œuvre s'est achevé peu avant la période du Ramadan, en 2005, s'était interrompu le temps de cette période de jeûne pour laquelle une dérogation spéciale avait été accordée par la préfecture. « Aujourd'hui les gros travaux sont terminés. Les experts de la commission d'accessibilité ont examiné la mosquée. Toutes les normes ont été respectées. Nous sommes parfaitement en règle », affirme Hakim Madane, président du culte musulman à Cahors. Il officie au titre d'Imam en lieu et place de Zouhir El Omary qui a assumé cette fonction pendant plusieurs mois, en 2005, avant de rejoindre le Tarn-et-Garonne. « Nous ne disposons plus d'Imam et il sera difficile, sans soutien financier, d'en avoir un auprès de nous. La mosquée vit grâce aux dons de ses fidèles. Le salaire d'un Imam serait aussi à notre charge. Or notre budget ne le permet pas », souligne Hakim Madane. Le système laïque n'autorise pas l'État à financer les lieux de culte. Chacun doit vivre avec ses propres deniers. Hakim Madane le regrette, mais le respecte. « La tolérance, l'égalité, et la fraternité sont des bases fondamentales du Coran », rappelle-t-il en substance. Alors, tout doucement avec très peu moyens, la mosquée avance. « Il ne manque que quelques finitions. Je pense que l'inauguration pourra avoir lieu peu après l'été. Nous organiserons un grand couscous auquel pourront participer les habitants du quartier », indique Hakim Madane ouvert aux autres et attaché aux valeurs qu'il représente. Le meilleur symbole de l'ouverture d'esprit dont il témoigne, c'est son magasin. Hakim Madane tient une épicerie où se côtoient des produits des cinq continents. À L'entrée, des dattes en provenance de Tunisie sont surmontées d'un drapeau tricolore. Ici, l'alchimie des cultures, dans le pur respect des traditions de chaque peuple, est en fait un savoureux mélange des genres et des gens. Tolérance et fraternité en sont les principaux piliers.

Jean-Luc Garcia.

Une bibliothèque, mais pas d'école coranique

Selon Hakim Madane, lors des grandes fêtes musulmanes (le Ramadan et l'Aïd el Kebir), près de 200 musulmans issus de Cahors et des environs se rendent à la mosquée. Les fidèles accomplissent cinq prières par jour.

« Le vendredi, c'est le Jomoaa. C'est un jour de fête équivalent au dimanche des catholiques. C'est précisément ce jour-là que je prononce un sermon sur un thème comme la fraternité par exemple. Pour cela, j'utilise le Coran. Les discours et les sermons reviennent toujours vers le Coran et ses valeurs clés », insiste le président du culte musulman. Il veille sur les siens, répond aux demandes des jeunes, mais ne les sollicite pas. « Chacun est libre dans sa quête de connaissance. La bibliothèque de la mosquée est destinée à cet apprentissage en totale liberté. C'est pourquoi il n'y aura pas d'école coranique », ajoute-t-il. En revanche, la mosquée a agencé dans les règles de l'art une salle de prière, puis des pièces de purification pour se laver le visage avant le recueillement. La prière se déroule alors en toute confidentialité.

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