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Chape de plomb 75 - Paris

Antisémitisme : un élève de 6e insulté et battu au lycée Montaigne

Sur le tableau d'affichage dans le hall aux colonnes de marbre, le palmarès du "cross de toutes les couleurs" est affiché. Le lycée Montaigne ne bruisse pas des échos de l'"affaire". Pourtant, voilà des mois que la communauté scolaire de ce lycée prestigieux du 6e arrondissement de Paris, jouxtant les jardins du Luxembourg, est confrontée à l'agression répétée d'un élève, battu et insulté parce que juif, comme l'a relaté Le Journal du dimanche dans son édition du 30 novembre.

Le 22 octobre, le Numéro Vert du Service de protection de la communauté juive reçoit un coup de fil relatant un incident survenu dix jours auparavant dans une classe de 6e du collège. La fiche de signalisation établie est plus qu'inquiétante. Ce jour-là, le 12 octobre, le jeune B., poussé à terre par deux camarades "d'origine maghrébine", sous les yeux de quatre autres enfants, a été roué de coups et traité de "sale juif". Il rentre chez lui "couvert de bleus". Son calvaire avait débuté le 2 septembre, jour de la rentrée, lorsque les deux mêmes enfants l'avaient prévenu : "On va te racketter." Ils ne cessent alors de le traiter de "nain", de le bousculer. Après son absence pour les fêtes du Yom Kippour, le ton monte. Et les insultes changent de registre, selon le rapport. Un jour, pendant la récréation, l'enfant est entouré par ses deux tourmenteurs et menacé : "Tous les juifs vont être exterminés, vous allez disparaître."

Ces déclarations, les parents ne les ont apprises que par hasard, lorsqu'une ancienne institutrice, rencontrant l'enfant, qu'elle trouve sombre, arrive à le faire parler. Voilà en effet des semaines que les parents du jeune B. ne comprennent pas le changement d'humeur de leur fils. Quinze jours après la rentrée, l'enfant pleurait tous les soirs, se fermait à son entourage et déprimait sévèrement, raconte le père. Ils consultent un médecin, puis un pédopsychiatre. Ce n'est qu'une fois les événements racontés à son ancienne maîtresse que ses parents comprennent. Prévenu, le proviseur change le jeune élève de classe le lendemain.

Le père affirme avoir demandé au proviseur de porter plainte immédiatement, estimant qu'il relevait de sa responsabilité de chef d'établissement d'engager des poursuites. Le proviseur a préféré attendre de mener sa propre enquête, après en avoir informé le rectorat : entretiens séparés avec les élèves mis en cause, écoute de la jeune victime, alerte des parents, consultation des professeurs et du médecin scolaire... Il voulait comprendre s'il devait traiter une "banale histoire"d'enfant pris en grippe ou réagir à des actes antisémites.

"MONTRER LES INTERDITS"

"Ce fut une enquête longue et délicate car nous avons affaire à des enfants de 10-11 ans, relate le proviseur, Jean-Marie Renault. Personne ne reconnaît avoir tenu ces propos, ni les avoir entendus, mis à part la victime. Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'ont pas été tenus, mais on ne peut pas condamner sans preuves." Il a néanmoins saisi le parquet d'une plainte pour "violences accompagnées de propos antisémites" sur les conseils du rectorat. Le père de la victime soutient, lui, que c'est sous la pression d'un dépôt de plainte contre le chef d'établissement.

Le rectorat assure que le proviseur fait tout pour faire la lumière, mais "qu'il n'a aucune certitude sur le caractère antisémite de cette affaire puisqu'il n'y a pas de témoins". Le père explique que cette absence de témoignages serait due à un climat de pression dans la classe. Il reproche au lycée de "n'avoir pris aucune sanction" : "Je ne cherche pas à exclure les coupables mais je ne pardonne pas ce qu'ils ont fait à mon gosse. Je demande quelque chose de symbolique et public pour montrer les interdits. C'est important pour mon fils et les autres enfants."

Les associations de parents d'élèves veulent aller plus loin. Tant la FCPE que la PEEP - avec quelques bémols, son délégué, Vincent Delcourt, expliquant qu'"il faut dédramatiser et ne pas monter les communautés les unes contre les autres" -, réclament "la réunion rapide d'un conseil de discipline" pour sanctionner des "actes graves". Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), lui, a transmis une fiche de signalement à la "cellule de veille valeurs républicaines", placée auprès du ministre de l'éducation nationale, et a alerté Matignon.

Aliénor
alienor@france-echos.com
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