Résistance International

DONNEES D'APRES GUERRE

Par Albert Soued, www.chez.com/soued/conf.htm pour www.nuitdorient.com

L'avantage de Tsahal, c'est qu'il parvient à appliquer relativement rapidement les enseignements tirés d'un conflit précédent. Ainsi, par exemple, ayant abandonné le programme du rayon laser comme moyen de neutraliser les missiles à courte portée, pour des raisons de coût et d'efficacité (1), il commence les essais d'un système "multiprojectiles" déjà expérimenté ailleurs contre des avions ou des drones (2).

Après la déconfiture du Hezbollah, son parrain et protecteur, l'Iran, cherche à redorer son blason et, surtout, à faire réfléchir les Occidentaux sur d'éventuelles mesures de rétorsion contre son territoire. Car l'Iran persiste et signe quant à la poursuite de l'enrichissement de l'uranium qui peut déboucher sur des armes nucléaires. Ainsi, malgré de peu probables sanctions, l'Iran a choisi l'escalade et il procède dans tout le pays à des exercices militaires et à des essais de nouvelles armes. Il vient d'inaugurer une usine de fabrication d'eau lourde qui peut déboucher sur du plutonium, autre moyen d'avoir une arme nucléaire. Il a lancé avec succès un nouveau missile sous-marin appelé Thaqele ou Jupiter de 1km de portée, et se lance dans des essais sur des bombes guidées au laser. Toutes ces dépenses militaires ont un but hégémonique, alors que toutes les promesses faites l'an dernier au peuple, pour améliorer son sort, n'ont pas été tenues, tous les projets socio-économiques du président Ahmedinejad faisant des flops. Malgré le triplement des recettes provenant du pétrole, seuls les Gardes révolutionnaires et les hommes déjà nantis ont bénéficié financièrement des nouveaux pouvoirs de l'ex-maire de Téhéran.

Interrogé sur l'avenir, le fils de l'ancien shah, Reza Pahlavi rejette toute action militaire ou économique contre son pays. La situation ne peut s'améliorer que par le départ des mollahs, qui partiront comme ils sont venus, après une révolution intérieure. Et il conjure les Occidentaux de favoriser un tel soulèvement. D'un autre côté, après 3 ans de menaces sérieuses contre l'Iran, l'administration Bush semble plus humble et moins pressée dans l'expression de ses intentions, l'Iran étant encore loin d'avoir les armes recherchées, cinq à dix ans dit-on maintenant.

Entre temps, Mohamed Ahmedinejad persiste dans ses rengaines et calomnies contre Israël et le sionisme, et il continue de nier l'holocauste, comme si tels propos allaient améliorer la marmite de ses pauvres, soit 50%de la population.

Passons maintenant aux menaces sunnites, dont les éléments les plus extrémistes cherchent plus que jamais à étendre le jihad partout et à installer là où c'est possible la loi islamique ou shariaa'h, avant de déclarer l'inauguration d'un nouveau califat, désiré depuis bientôt un siècle.

Et voilà que, d'après www.debka.com plusieurs dizaines de terroristes égyptiens venant d'Alexandrie se sont infiltrés au Sinaï, sous la direction de cinq commandants, pour saboter diverses installations américaines dans la péninsule. Arrêté, un des commandants a commencé à parler. Un autre groupe plus modeste est parti de Gaza dans le même but. Parlons de Gaza.

D'après Youval Diskin, directeur du Shin Bet, résumant des informations du Mossad et de l'Aman (renseignement militaire), le Hamas est en train de s'organiser selon les méthodes du Hamas (bunkers, tunnels, moyens électroniques, katiouchas, missiles RPG29 & Grad….) dans le but d'arroser le sud d'Israël. Les instructeurs sont des miliciens du Hezbollah et des spécialistes iraniens. Les armes proviennent d'un trafic organisé dans la péninsule du Sinaï, à travers le corridor Philadelphi, que Tsahal a abandonné avec regret, lors de l'évacuation des implantations de Gaza. Les Egyptiens étaient supposés contrôler l'entrée dans cette zone à partir du Sinaï, mais les troupes participeraient plutôt au trafic qui atteint des dimensions gigantesques.

Gaza se transforme progressivement en satellite de l'Iran. Il en est de même des implantations évacuées au nord de la Samarie qui sont pratiquement transformées en "jihadland", selon www.debka.com .

Ehoud Olmert vient de renoncer à son plan de réalignement en Judée et Samarie, plan qui l'avait amené au pouvoir avec le parti Kadima. C'est une manière indirecte de reconnaître la faillite de la politique d'"évacuation unilatérale de territoires" qui a coûté cher en vies humaines, traumatismes, énergie et émotions, sans compter les biens perdus. Et surtout cette politique a favorisé l'ennemi qui, après chaque évacuation, a utilisé cyniquement la zone évacuée, en territoire de lancement d'opérations terroristes, que cela soit au Liban et maintenant à Gaza et en Samarie.

Ouzi Landau et Moshé Yaalon s'insurgent contre les puissants médias israéliens qui sont à la fois défaitistes et irresponsables, font et défont les hommes politiques, désinforment et calomnient sans contrôle, à l'image de leurs homologues occidentaux (3). Ces médias auraient contribué à façonner les événements dramatiques des dix dernières années, du fait de leur monopole et de l'absence d'un contre pouvoir médiatique (source Arouts 7)

Une note d'espoir, à Kyoto, le prince jordanien Hassan ibn Talal (oncle du roi Abdallah), devant un parterre de 800 personnalités du monde religieux, lors d'une conférence "Religions for Peace", a violemment critiqué les dirigeants arabes qui ont escroqué leurs peuples de milliards $, depuis bientôt 60 ans, pour acheter des armes et combattre inutilement Israël. Au lieu d'utiliser ces capitaux pour améliorer l'éducation et la santé de la population. Il a aussi attaqué l'Iran pour son programme nucléaire ambitieux et coûteux alors que la population est affamée.

Notes

(1) Article par Yossi Melman - paru dans Haaretz -25/08/06

Il y avait le programme Nautilus d'anti-missiles guidés au laser, mais les Américains se sont retirés de leur coopération avec Israël et le programme a été abandonné l'an dernier. Selon les sources, il faudrait une centaine de systèmes pour couvrir l'ensemble du pays au prix de 5 milliards $, une dizaine de systèmes seulement s'il s'agit de protéger les points sensibles ou stratégiques. A ce jour, on a investi 0,4 milliard $ dans ce programme, 0,15 par Israël, le reste par les Etats-Unis. Il est évident que ce programme dépasse les moyens d'un petit état comme Israël. A l'heure actuelle, il existe un seul système appelé "Miracle", au Nouveau Mexique et qui est aussi encombrant qu'une salle de concert, du fait qu'il est basé sur la genèse d'un rayon laser à partir d'énergie chimique. Mais on peut générer un rayon laser puissant à partir d'énergie électrique. La recherche du programme Nautilus portait sur un système compact, économique et fiable. Il y aurait eu des doutes sur les chances de succès d'un tel programme. Il y a controverse sur la portée du rayon, 3km ou 10 km, sur sa réactivité en zone humide (nuage, pluie), ou quand il fait face à des ogives multiples ou à des salves. Par contre, il semble que le coût d'envoi d'un rayon soit entre le tiers et la moitié de celui d'une Katioucha (1/3000$)

Il faut rappeler ici que le Système Arrow, couplé avec le radar Green Pine, est conçu pour intercepter des missiles de longue portée. Il a été essayé avec un succès de 100%, lorsqu'il a intercepté un missile Israélien Black Sparrow (Rafael)(11 essais) et de 50% quand c'était un Scud (2 essais).

(2) "Skyshield 35 Air Defense System" est un canon qui tire un seul projectile de 35 mm qui se déploie en un nuage de 152 éléments, pouvant atteindre un missile entrant jusqu'à 10 km.(Oerlikon Contraves Corporation- Suisse).

"Vulcan Phalanx" est aussi un canon installé sur des bateaux qui expédie une salve anti-missile. La société Rafael a développé aussi le système analogue Barak pour la marine.

(3) Deux exemples simples d'information sans contrôle ou d'excès d'information sans vergogne. Lors des bombardements de Beyrouth, la presse occidentale a accusé Tsahal d'utiliser des "bombes au phosphore". Or ce phosphore a été répandu à bon escient par les nombreux informateurs libanais pour faciliter un repérage précis des sites à bombarder. On a diffamé, calomnié le président d'Israël avant que l'instruction ne soit terminée, ce qui est préjudiciable à la stabilité politique du pays. Où est l'éthique dans tout cela ? Dans les deux cas on se trouve devant l'excès, l'incompétence et la perversité, toutes coupables.

Et Israël héberge 60% des journalistes expatriés dans le monde… ! On peut se demander

si une telle masse de scribouillards s'ajoutant au verbiage israélien ne contribue pas d'une manière décisive au climat malsain qui règne dans la région.

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