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Coraneries

samedi 16 septembre 2006

Paradoxes, tabous et guerre des dieux

Benoît XVI provoque le tollé dans le monde musulman. Comment se fait-il qu'un simple exposé théologique fasse couler autant d'encre et de salive ?

Retour aux sources. De quoi parlait le pape mardi dernier ? Il faisait un brillant exposé sur les relations entre la foi et la raison. C'est tout, et ce serait passé comme une lettre à la poste. Mais l'exposé, même si ce n'était pas le sujet, a fait deux références à l'islam. Et boum !

Mahomet, le « pas beau » modèle

Quel est le contexte de ces deux références ?

1. Selon Benoît XVI, la spiritualité ne peut faire abstraction de la raison. Or dans l'islam, la révélation divine ne supporte aucune contingence annexe, fut-ce la raison. La parole d'Allah est censée être écrite en dur dans le Coran, elle est intangible à la virgule près, et elle constitue un canon intangible dans le temps et l'espace. Les prescriptions sont rédigées à l'impératif la plupart du temps : « Fais, ne fais pas ». Ainsi, l'islam n'a pu réformer quelque dogme que ce soit en 14 siècles.

2. Certains de ces dogmes prescrits par l'islam sont « déraisonnables » selon Benoît XVI, qui cite le jihad (la guerre sainte), l'imposition de la religion et la conversion des infidèles par la force. Aucun musulman honnête ne peut nier ces prescriptions coraniques, confirmées par la conduite prêtée à Mahomet, le « beau modèle » que le Coran recommande de suivre et d'imiter.

Comme ils ne peuvent nier l'évidence des textes, les musulmans non jihadistes - et ils sont en majorité - se trouvent devant un terrible paradoxe : la loi prescrite par Allah est intangible et elle est pourtant, dans une grande proportion, inhumaine et contraire à la raison, aux droits de l'Homme, aux valeurs d'amour et de tolérance, etc. Alors ces musulmans font tout simplement l'autruche, comme on a pu le constater dans des propos comme ceux de Dalil Boubakeur. L'argument est le suivant : voyez, il y a des musulmans non jihadistes, partisans de la tolérance, qui n'ont rien à voir avec l'islamisme (sic), donc l'islam n'est pas l'islamisme et inversement.

Cet argument ne tient pas la route en soi. Ce n'est pas parce que des chrétiens battent leurs femmes que le christianisme serait sexiste, ce n'est pas parce que des Français violent les lois de la République que ces lois permettraient qu'on les viole, et ce n'est pas parce que des Allemands ont caché des Juifs lors de la seconde guerre mondiale que le nazisme ne serait pas antisémite.

Cachez ce Coran que je saurais voir

C'est bien le Coran et Mahomet qui « font » l'islam, et pas ce que les musulmans en font à tort ou à raison.

Dalil Boubakeur et les musulmans dits « modérés » comme lui (je pense par exemple aux frères Bencheikh) pourraient à la rigueur prétendre que l'islam n'est plus (ou ne doit plus être) ce qu'il était lors de sa fondation aux VIIème et IXème siècles, s'ils opéreraient réellement une réforme de l'islam dans le sens de l'abolition de ses dogmes déraisonnables ou inhumains, et par conséquent de l'abolition des versets coraniques, des haddiths et des lois islamiques correspondants. Les leaders musulmans modérés parlent de relecture, de remise en contexte historique, de ré-interprétation des textes fondateurs de l'islam, mais ce ne sont que des mots même pas suivis de passage à l'acte. Et que dire des morceaux de phrases que ces musulmans modérés extraient du Coran pour leur faire dire n'importe quoi et même le contraire de ce que disent les passages dont ils sont extraits !

Alors pourquoi les musulmans modérés procèdent-ils à ces escroqueries lexicologiques et intellectuelles au lieu de réformer l'islam ? Tout simplement parce qu'ils remettraient en cause l'un des piliers de leur religion, à savoir l'infaillibilité du Coran et par conséquent d'Allah, qui est à la base même de la théologie musulmane.

C'est l'un des paradoxes fondamentaux et intrinsèques de l'islam, et qui le singularise parmi les grandes religions. Les juifs ont fait leur aggiornamento par le Talmud. Quant aux chrétiens, ils ont la liberté d'interpréter les Evangiles qui ne sont que la parole rapportée de Jésus par des témoins, et non pas la parole divine elle-même. C'est un point crucial de différence d'avec le Coran, qui est considéré par les musulmans comme écrit de la main même d'Allah et comme préexistant au Ciel avant même sa révélation via Mahomet.

Et puis Jésus n'a pas demandé de combattre les infidèles par l'épée ou de faire d'autres choses déraisonnables ou inhumaines, ce qui est tout de même une différence de taille, puisque ça rend les chrétiens quittes de la réforme que devrait faire les musulmans. Nous voyons donc là un second paradoxe de l'islam : ces fameux dogmes inacceptables par des gens raisonnables et pacifistes. Ne pouvant nier ces dogmes, on les cache, on feint de les ignorer ou on les dénie par des acrobaties verbales.

Les réactions musulmans confirment les propos de Benoît XVI

Les réactions des musulmans aux propos de Benoît XVI sont elles-mêmes des plus paradoxales, car elles mettent en évidence les paradoxes que nous venons de voir.

1. « Mais non, l'islam est une religion de paix et de tolérance ! » Dans ce cas, il devrait être aisé de contrer les affirmations de Benoît XVI sur le jihad et la déraison, or aucun musulman qui a utilisé cet argument depuis mardi ne l'a fait au fond. Nous avons expliqué pourquoi, mais en rejouant le scénario, ces musulmans ne font que confirmer qu'ils ont quelque chose à cacher, et qu'ils réagissent d'une manière pas du tout fondée sur la raison.

2. D'autres musulmans ont réagi de manière plus violente, montrant ainsi que la défense de leur foi amène à la violence, ce que disait justement Benoît XVI. Si l'islam est amour et tolérance, alors les musulmans les plus intégristes auraient dû redoubler d'amour et de tolérance envers le pape, et lui répondre par l'ouverture et le dialogue au lieu d'en appeler à la guerre sainte et de vociférer dans les rues.

3. On a entendu des imams dits « modérés » dire tout simplement que Benoît XVI lançait une croisade, une guerre sainte contre l'islam, et qu'il provoquait les réactions « intégristes » qu'eux-mêmes, ces imams modérés, cherchaient à contenir parmi leurs fidèles. C'est absolument incroyable d'entendre de telles déclarations qui reconnaissent ainsi la violence à laquelle mène leur propre religion !

Mais pourquoi tout ce ramdam à la veille du ramadan ?

Mais revenons au discours de Benoît XVI pour montrer un autre paradoxe. Le pape rejette la violence commise au nom de la foi en Dieu. On ne saurait mieux dénoncer toutes les guerres saintes, les « croisades » au sens musulman, et pourtant des musulmans qualifient ces propos de croisade. Le pape, en dénonçant la guerre sainte - et donc implicitement les guerres saintes commises à tort par les chrétiens - prône tout au contraire la paix et le dialogue religieux, et on l'accuse de tout le contraire.

Tous ces paradoxes n'expliquent pas complètement la levée de boucliers à laquelle nous assistons depuis mardi, et surtout celle des musulmans modérés. En effet, si j'avais à cacher un aspect paradoxal de ma pensée, je ferais profil bas quand quelqu'un l'évoque, même si c'est un pape, et surtout quand les allusions à ce que je pense ont lieu dans l'ambiance feutrée d'une université allemande devant une petite assemblée d'intellectuels. Soit je sais répondre, et alors je me fends d'un simple droit de réponse argumenté sans aller demander excuses et contritions publiques, soit je ne sais pas répondre sur le fond - et c'est le cas des musulmans modérés comme nous l'avons vu -, et je ne dis rien pour ne pas donner de la publicité à mon contradicteur.

Or tous les responsables musulmans se sont levés comme un seul homme pour exiger qui des démentis, qui des excuses de la part du pape. Mais pourquoi donc cette réaction épidermique ? En quoi Benoît XVI a-t-il réellement « blessé » les musulmans modérés, comme ceux-ci le prétendent ? Il n'a jamais dit que ces musulmans étaient jihadistes ou déraisonnables ! Il a simplement dit, et d'une manière indirecte et non véhémente, que des aspects de l'islam étaient violents ou contraires à la raison, ce qui est exact.

B16 rompt la chape de plomb islamophile

Pour répondre à cette question, il faut se replacer dans les rapports entre les hauts responsables religieux tels qu'ils sont établis à l'heure actuelle. Les grandes autorités chrétiennes, juives et musulmanes (je ne parle pas du fou d'Iran) et bouddhistes semblent avoir passé une sorte de pacte de non-agression. On se rencontre et on parle de tout et de rien, mais surtout pas des sujets qui seraient controversés, en particulier des doctrines des uns et des autres. Tout va bien dans le meilleur des mondes œcuméniques. Le CRIF ou le Consistoire français, par exemple, fustigent les islamistes antijuifs, mais pas un mot sur le Coran comparant les juifs à des singes et des porcs ou à Mahomet faisant égorger des tribus juives. Le pape est solidaire des chrétiens persécutés au Soudan et en parle dans ses homélies mais sans citer la religion des persécuteurs.

Mais soudain, un dignitaire de l'Eglise catholique, et pas le moindre puisqu'il en est le chef et le guide, brise le tabou en disant que l'islam a des aspects violents, totalitaires, déraisonnables, et inacceptables. Mais de quoi se mêle-t-il ? Les musulmans s'évertuent à expliquer qu'eux seuls peuvent parler des dogmes islamiques parce que les non musulmans ne sont pas qualifiés pour le faire, et voilà qu'un pape commente le Coran. Ca ne va pas du tout, là !

Le pape blasphème

Ce qui gêne les musulmans, ce n'est même pas la levée du tabou, mais le fait qu'un mécréant, et qui plus est le grand chef de mécréants « associateurs » (comme on appelle les chrétiens dans le Coran), ose donner un avis sur Mahomet « le beau modèle », et pousse l'outrecuidance jusqu'à critiquer « la meilleure des religions ». Qu'il soit un Dalil Boubakeur modéré ou un jihadiste de Gaza, un musulman considère cela comme un affront. Pour les uns, Benoît XVI appuie là où ça fait mal, en rappelant les aspects négatifs ce que les musulmans modérés tentent de cacher. Pour les autres, portés sur la violence, c'est le casus belli qu'ils espèrent. Mais pour tous, c'est un crime inacceptable de lèse-Mahomet, de lèse-Coran et de lèse-Allah.

Nous parlions de la soumission totale du musulman à Allah dans sa conception théologique. Il faut bien comprendre que le fidèle de l'islam doit « être » (et souvent « est ») musulman avant toute chose, avant même d'être un individu doué de libre-arbitre, un Français ou un Tunisien. Quand on pose la question dans des sondages en Europe, la plupart des musulmans se disent musulmans avant d'être des citoyens britanniques ou belges. Le musulman fait corps avec l'islam, même s'il ne pratique pas. Il est un sujet de l'islam, il est un soumis à l'islam, et au sens propre, puisque « musulman » signifie « soumis » et « islam » veut dire « soumission ». (Des musulmans prétendent qu'« islam » veut dire « paix » (salam) car en arabe les deux mots ont les mêmes consonnes S.L.M., ce qui est aussi faux que de dire que « cauchemar » aurait la même étymologie que « cachemire ».)

Benoît XVI ne s'est donc pas seulement mêlé de ce qui ne le regarde pas, mais en violant le tabou du consensus inter-religieux sur les dogmes de la croyance de l'autre, il a violé les musulmans, il les a « blessé » dans leur nature et dans leur personnalité la plus profonde. D'ailleurs la campagne de tous les responsables de « l'islam de France » (y compris Dalil Boubakeur et autres « modérés ») pour instaurer le délit de blasphème ou leur plainte pour « insultes » contre Charlie-Hebdo parce que cet hebdomadaire a publié des caricatures de Mahomet ne sont pas dues uniquement à une volonté d'imposer la charia et de rendre l'islam totalement tabou, mais aussi à cette soumission totale et respectueuse à l'islam et par conséquent au Coran et à Mahomet.

Anti-islamisme primaire

Caricaturer « le prophète » ou même simplement lui reprocher l'un de ses dires ou l'un des ses actes, c'est comme si on insultait le musulman lui-même. La réaction des musulmans et du Mrap à l'encontre de Louis Chagnon ayant expliqué à ses élèves comment Mahomet fit égorger 600 juifs en un jour est symptomatique : on n'a pas reproché à l'enseignant d'avoir menti (et d'ailleurs les apologues de l'islam eux-mêmes revendiquent ce fait de guerre de leur idole), ou d'avoir attaqué l'islam, mais on l'a accusé d'« insulter » les musulmans, qui ont ressenti « une grande émotion » en lisant les cahiers de leurs enfants.

Puisqu'on parle du Mrap, on peut également évoquer le terrorisme intellectuel de ces mouvements gauchistes ou islamogauchistes. On voit ces groupuscules pousser des cris d'orfraies chaque fois que quelqu'un publie qui un dictionnaire, qui une étude, qui un fait divers, qui une statistique allant à l'encontre de leur idéologie, et même si les propos vilipendés ne reflètent que la stricte vérité. Il y a là aussi la volonté de cacher une réalité qui ne colle pas avec l'idéologie affichée, mais également un réflexe de victimisation par rapport à sa propre foi en cette idéologie. Ca rappelle les communistes à qui on disait qu'il y avait des goulags en URSS. Leurs réactions étaient irrationnelles : ce n'était pas possible, malgré les preuves apportées, parce que c'était un crime de lèse-Staline et de lèse-communisme, un véritable blasphème. L'« islamophobie » invoquée par Fouad Alaoui ou Mouloud Aounit à tous bouts de champs n'est que l'équivalent islamique de l'« anticommunisme primaire » du XXème siècle.

Les excuses ou le cercueil

Benoît XVI a donc non seulement critiqué l'islam, mais aux yeux des musulmans, il a commis un délit de blasphème contre leur religion. En droit islamique, il est condamné à mort, et on a vu des appels aux meurtres sur mejliss.com ou dans les manifestations de ces derniers jours. Cependant, la charia autorise la rémission de la peine si le blasphémateur (ou l'apostat) se repend et s'excuse, et il n'est pas étonnant de voir des responsables « modérés » de « l'islam de France » demander au pape des excuses publiques, des démentis, ou du moins des « clarifications » dans la version de Dalil Boubakeur.

Le Mrap procède de même : quand il sait qu'il ne gagnerait pas un procès contre des contradicteurs parce que ceux-ci ne commettent qu'un « délit de blasphème » anti-islam ou anti-idéologie, il exige que les soi-disant « racistes » retirent leurs propos, en les menaçant parfois de vaines poursuites judiciaires. Mouloud Aounit ne discute pas la véracité des propos qu'il incrimine, il ne contredit pas son opposant dans un débat démocratique, il applique sa charia islamogauchiste qui punit, à ses yeux, le blasphémateur.

L'eau bénite et l'huile d'olive

Il faut garder en tête toutes ces dimensions : les paradoxes que veulent cacher les musulmans, le consensus sur cette « takia » entre les dignitaires religieux des différentes confessions, la violation du tabou de l'islam intouchable par Benoît XVI, et son « délit de blasphème » qui touche l'islam au cœur, et qui « blesse » les musulmans dans ce qu'ils ont de plus cher, de plus intériorité, et aussi de plus refoulé.

Cela n'excuse pas les réactions de musulmans, ni leurs mensonges, ni leur hypocrisie, ni leur fascisme religieux, ni leurs contradictions, ni leur jihad. Mais ça permet de prendre la mesure du gouffre qu'il existe entre leurs valeurs et leurs mentalités d'une part, et les nôtres d'autre part. Finalement, ça ne fait que confirmer l'incompatibilité entre l'islam et l'Occident, et donc les propos du pape.

On peut discuter et même dialoguer avec les musulmans, mais à condition de jouer avec les mêmes cartes, et ces cartes ne peuvent être les leurs puisqu'elles sont inacceptables quand on les mesure à l'aune de la « raison » évoquée par Benoît XVI, mais que n'importe quel Occidental peut reprendre à son compte (surtout s'il se dit « rationaliste » et « contre l'obscurantisme » !)

Par contre on ne peut pas mélanger l'eau et l'huile, pour reprendre une expression du roi Hassan II du Maroc évoquant l'impossibilité pour les musulmans expatriés en Europe d'être pleinement occidentalisé. Le choc des civilisations est parfaitement illustré non seulement par le discours théologique du pape, mais également par les réactions mêmes des musulmans contre ce discours.

Foucauld l'avait pourtant dit

Le père Charles de Foucauld écrivait, peu avant son assassinat par des musulmans en Algérie, dans une célèbre lettre à son ami René Bazin : « Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens. » (Et dire que ce prêtre a été « récupéré » par tous les curés dhimmis qui font croire qu'il appréciait l'islam…) Foucauld ajoutait : « Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non. » Et aussi : « Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants. »

Tout était déjà dit ! 90 ans après cette lettre, son réalisme saute encore plus aux yeux. Et c'est bien cette réalité que Benoît XVI vient de jeter à la face des musulmans, même si son style est plus jésuitique que celui du père Charles de Foucauld.

Takia épiscopale

Le pape a lancé une véritable bombe théologique et géopolitique. Cinq jours après son discours bavarois, il ne s'est fendu d'aucune excuse (et il aurait bien tort d'en faire tant qu'on ne lui explique pas de quoi il devrait s'excuser !), mais également d'aucune « clarification ». Il laisse les porte-parole du Vatican répondre à sa place, et ceux-ci en remettent une couche en confirmant la parole papale tout en disant que les musulmans ne doivent pas se sentir blessés. Les curés et évêques islamophiles, par exemple en France, sont bien silencieux, coincés entre leur patron et leurs compromissions avec les imams.

On a cependant entendu Monseigneur Dubost, évêque d'Evry, s'empêtrer dans une takia des plus comiques : « je crois pouvoir dire que le pape est blessé d'avoir blessé des musulmans », affirme-t-il ! Voilà qu'il lit dans les pensées de Benoît XVI… « Il y a eu un problème de communication car ce qu'il a dit n'est pas ce qu'on lui a fait dire » et « Les musulmans, aujourd'hui, s'ils sont choqués, je comprends qu'ils le soient parce qu'ils n'ont pas lu ce texte » (mais ils ne savent pas lire ? Sympa, l'évêque !) et s'ils le lisaient, toujours selon Monseigneur Dubost, ils seraient d'accord avec le pape. On attend la réaction de l'évêque de Tournon-sur-Rhône qui a bradé un terrain appartenant à l'Eglise pour qu'on y construise… une mosquée !

Le bombardier B16 esquive la DCA islamique

Mais alors que de nouvelles bombes éclatent dans des églises, je viens de recevoir une nouvelle réaction vaticane officielle, que la presse s'empresse de prêter à Benoît XVI lui-même : « Le Saint-Père est tout à fait désolé que certains passages de son discours aient pu paraître offensants pour la sensibilité des fidèles musulmans », dit un communiqué du nouveau secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone qui ajoute : « Confirmant son respect et son estime pour ceux qui professent l'islam, (le pape) espère qu'ils seront conduits à comprendre ses propos dans leur sens véritable ».

Oui, le pape est « désolé » que les musulmans qu'il respecte et estime en tant que personnes humaines aient compris son discours de travers (sympa…), mais il ne s'excuse aucunement, et il n'enlève pas un iota à ce discours ! Dalil Boubakeur qui espérait une « clarification » en est pour ses frais. Le grand chef des catholiques manie superbement l'art de la rhétorique, piégeant même nouvelobs.com qui avait titré sa dépêche « Benoît XVI s'excuse pour ses propos », ce qui est faux, puis qui a immédiatement corrigé : « Le pape absolument désolé de ses propos sur l'Islam », ce qui n'est pas plus vrai : le pape est désolé que les musulmans aient trouvé ces propos offensants et qu'ils ne le aient pas compris, mais il n'est nullement « désolé » d'avoir dit ce qu'il a dit.

Croire que Benoît XVI ait parlé légèrement sans mesurer les conséquences de ses propos, c'est être bien naïf quand on voit comment il manie si habilement le verbe dans cette mise au point. L'affaire est loin d'être close, et si le « bombardier B16 » a largué son arme de destruction massive mardi, c'est bien qu'il déclare la guerre théologique aux dogmes inacceptables de l'islam et donc à l'islam.

M6 condamne B16

Et s'il faut encore un exemple pour mesurer la gravité de la situation, on apprend que le Maroc a décidé de rappeler son ambassadeur au Vatican. Le ministre marocain des Affaires étrangères précise qu'il a pris cette décision à la suite des « "propos offensants à l'égard de l'Islam et des musulmans tenus par le Pape Benoît XVI le 12 septembre à l'université de Ratisbonne" ».

Même le roi Mohammed VI, plus enclin à faire du jet-ski qu'à s'occuper de religion et de géopolitique, y va de son message indigné au pape : « Sa Majesté le roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, a adressé au pape Benoît XVI un message écrit, en réaction de protestation aux propos tenus sur l'Islam », précise la presse marocaine sans toutefois communiquer le contenu de la missive.

Quand on sait l'entregent diplomatique du royaume chérifien et son art pluriséculaire de levantin pour arrondir les angles entre la Chrétienté, le judaïsme et le mahométisme, on se rend compte que la guerre entre les soutanes et les burnous ne fait que commencer.

FPB et Khaled

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